Les Chroniques d'Isaia

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 Extrait chapitre 10 - Alliances

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MessageSujet: Extrait chapitre 10 - Alliances   Jeu 19 Nov - 20:11

Chapitre 10


Alliances


L’elfe sylvain, avec une écriture élégante, avait retranscris sous forme de poème les aventures de la prêtresse, et y avait joint un portrait d’elle jouant de l’Harphonia près du feu. Elle semblait faire partie de la nature ambiante, comme si le dessin pouvait rendre à la perfection cette osmose dont elle savait parfois faire preuve afin de lier son âme à celle de tout être qui l’entourait…

Ce dessin reflétait là toute la fascination que la jeune prêtresse exerçait sur l’Eldarien, mettant en valeur ses traits de douceur, de légèreté, de délicatesse et de pureté. Elle était présentée comme un joyau resplendissant d’innocence, malgré la tristesse contrastée qui se lisait dans ses yeux.

- Pourquoi parait-elle si triste, alors qu’elle semble briller si fort ? Questionna Adrian qui n’avait pu s’empêcher d’épier Aldaron.

L’elfe sourit à cette question mais n’y répondit pas tout de suite. Il rangea soigneusement son matériel d’écriture, puis referma délicatement le livre qu’il avait posé sur ses genoux dans un soupir inaudible.

- Parce qu’elle est seule, finit par dire Aldaron dans un soupir.

Adrian ne comprit pas. Qu’entendait-il par là ? Ne formaient-ils pas une compagnie unie, soudée par des idéaux de solidarité ? Comment Zane pourrait-elle se sentir seule, alors qu’elle était avec eux ? Aldaron croyait-il vraiment que Zane tenait le destin du monde entre ses mains ?

Foutaises ! Zane ne serait rien sans eux, elle n’était ni l’élue, ni une divinité, ni une sorcière réincarnée ou n’importe quoi d’autre qui se rapportait aux superstitions idiotes de l’Hunedoara. Elle avait un pouvoir troublant, il est vrai, mais il ne la voyait que comme une diplomate capable d’utiliser la magie.

De toute évidence, il était bien loin de soupçonner la raison pour laquelle Aldaron tenait tant à protéger Zane. Protéger une prêtresse, c’était un devoir qui incombait à tout être des terres libres. Juste un devoir qu’ils remplissaient sans même se demander pourquoi, parce que la raison même ne les intéressaient pas. Si elle pouvait nuire à l’Empire alors qu’elle le fasse, et tout serait enfin terminé ! Mais le pouvait-elle ? Le pouvait-elle vraiment, cette femme chétive, fragile, faible, plein de bonnes intentions mais bien trop innocente pour affronter la réalité de ce monde ?
Adrian n’insista pas et s’éloigna, dubitatif. Il s’empara d’une gourde d’alcool et s’assit sur un rocher, un peu à l’écart. Ces gens-là étaient tellement différents de lui. Ils ne pensaient pas même à cette guerre qui allait exploser demain. Comment pouvaient-ils être tous si calmes ? N’avaient-ils pas peur ? Lui, il était mort de trouille ! Il commençait à penser que cette compagnie était folle, que l’idée même de vouloir résister à l’Empire était folle ! Ne pouvaient-ils pas se rendre, plutôt que de laisser tout le monde se faire massacrer ? N’y avait-il pas une issue pour éviter le conflit ?

Tout était perdu d’avance, et il était le seul à s’en inquiéter…

Ils croyaient vraiment que cette prêtresse allait tous les sauver. Etait-il vraiment désespéré au point de se lier avec une bande de fanatiques ? Il avait beau apprécier ses compagnons, il s’agissait tout de même d’un conflit impérial ! Ils n’en ressortiraient certainement pas indemnes…

Ce soir, il allait devoir prendre une décision d’importance majeure. Pas la décision qu’Adrian aurait prise, pas celle de l’aventurier fougueux qui voulait se bâtir un nom, une vie, mais celle de Wyrm, celui qui était le plus à même de prendre le choix de la raison et de la survie…

Non loin de là, Ash s’était lui aussi isolé, prétextant qu’il avait besoin de se dégourdir un peu et de faire quelques besoins naturels qui nécessitaient un certain éloignement. L’attitude de la famille royale d’Alkana lui avait laissé une impression bizarre, et il se posait d’innombrables questions quant à l’avenir de ce monde. Cette alliance s’était formée bien trop aisément à son goût, et il n’avait pu se débarrasser du pressentiment malsain qui pesait sur sa poitrine. Seule la solitude lui permettait de se retrouver, de se calmer, et de réfléchir aux raisons de l’anxiété soudaine qui avilissait son cœur.

Depuis qu’il était entré en possession d’Andur, son passé n’avait de cesse de ressurgir, tourmentant son esprit d’images qu’il aurait préféré oublier. Il savait que l’Empire désirait sa mort, mais il en ignorait la raison. Cette nuit-là, le village avait été attaqué et brûlé par une troupe impériale. Il avait reconnu leurs uniformes, et son instinct ne le trompait jamais. Sa mère avait voulu le protéger, mais peut-être aurait-il mieux valu pour ce monde qu’elle le laisse mourir. A présent, il se trouvait en proie à des visions étranges et des cauchemars éveillés, incapable parfois de distinguer la réalité de ses absences soudaines au cœur de son esprit.
Il pouvait sentir une présence immatérielle qui le guettait dans l’ombre, l’invitant toujours plus sur des sentiers qu’il craignait d’emprunter…

En y réfléchissant calmement, il parvint à la conclusion que son père avait eu quelque liaison avec l’Empire, et que sa volonté d’aider les prêtres de Tyr avait fait de lui un traître à abattre. L’Empereur, pour se venger, avait dû ordonner l’exécution de sa famille, et voilà comment il s’était retrouvé mêlé à toute cette histoire ! A moins qu’il n’eût été la cible des assassins dès le départ car, fils d’un Dwyre, il était de ce fait une menace potentielle ? Mais pourquoi l’Empire désirait-il abattre les Dwyre ? Ou alors, était-il une exception ?

Ses hypothèses ne le menaient à rien, et il se lamentait de son ignorance. Cela le rendait fou de ne pas savoir, d’être contraint et forcé de vivre avec l’angoisse perpétuelle qu’était celle de ne pas savoir qui il était, et pourquoi on avait cherché à le tuer. Il y avait quelque chose qui lui échappait, quelque chose qui se trouvait bien au-delà de la simple discorde entre l’Empire et les terres libres…

Une profonde mélancolie le saisit sans qu’il n’en comprenne la raison. Depuis qu’il avait renoué avec les bribes de son douloureux passé, il traversait fréquemment quelque déprime chronique. Il se sentait fatigué, las, puis une certaine forme de colère envers lui-même s’animait, colère qu’il dirigeait ensuite contre les autres, contre le monde, avec une amertume qui lui donnait la migraine.

Chaque fois que cela lui arrivait, il ne pouvait s’empêcher de contempler la gemme d’Andur qui lui souriait…qui se moquait de lui… Elle brillait avec une insolence rare de tout son éclat de sang, et ricanait dans son esprit, riait de sa faiblesse et de sa volonté vaine de réécrire son destin. « Tu n’es qu’un maudit, un maudit, un maudit ! » hurlait-elle dans son crâne pour lui rappeler son rang. Un maudit, un sang impur, un être vil qui n’avait pas sa place auprès de la prêtresse !

Il était seul, seul face à lui-même, seul face à cet autre qui se reflétait dans la gemme, et qui lui adressait un regard malsain. Son regard, son regard si dur et si perçant…l’œil…l’ŒIL ! L’œil sombre le regardait, l’observait, le surveillait ! L’œil, dans la gemme du gantelet…l’œil, qui voyait A TRAVERS lui… !

Chaque fois qu’il plongeait son regard dans cette gemme, il sentait que son âme y était chaque fois un peu plus absorbée. Son esprit se détachait violemment de son corps, et il nageait dans cet éclat de flamme et de sang, jusqu’à sombrer entre les griffes du néant. Des murmures l’assaillissaient, il sentait des mains invisibles s’enrouler autour de son corps, et les voix hurlaient, hurlaient et hurlaient encore ! Sa voix, rauque et sombre, se distinguait dans l’obscurité, et soufflait dans ses veines un perfide poison qui cherchait à le faire plier. La douleur l’envahissait alors, et son cœur martelait chaque fibre de son être, tandis que la souffrance broyait son crâne de milles morsures venimeuses.

Et, chaque fois, l’ŒIL contemplait !

Il y eut un tintement métallique, et Ash fut arraché de force à son voyage astral complaisant. Tandis qu’il reprenait ses esprits, il sentit le métal froid d’une lame menacer sa gorge, et la sensation poisseuse de la boue qui recouvrit ses mains. Il était maintenu au sol sur le dos par la pression d’une main posée sur son torse, et celle d’un genou qui le forçait à rester calme.
Dans la pénombre du crépuscule, les yeux de Florian scintillaient d’une haine ineffable…

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Dernière édition par Tisseur de Rêves le Sam 12 Déc - 19:36, édité 2 fois
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