Les Chroniques d'Isaia

Bienvenue dans le monde des rêves, ami voyageur ! Tu découvriras ici l'univers d'Isaia, ses légendes, ses maléfices, ses héros de guerre et ses créatures mystiques. Deviens à ton tour un héros d'Isaia en pénétrant dans le JDR basé sur le roman!
 
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 Elina Aion, adorable petite peste (bubonique) et familier de papy Kal' <3

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Elina Aion
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Humeur : Instable

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Race: Poupée de Chair
Classe: Chaman
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MessageSujet: Elina Aion, adorable petite peste (bubonique) et familier de papy Kal' <3   Sam 28 Nov - 23:19

Nom : Son véritable nom est Aehil (signifiant enfant en Magna Agnaesia), mais elle fut ensuite rebaptisée par son maître, et se fait à présent connaître sous le nom d’Aion (signifiant splendeur en Magna Agnaesia).

Prénom : Son véritable prénom est Tya (signifiant forêt en Magna Agnaesia), mais elle fut ensuite rebaptisée par son maître, et se fait à présent connaître sous le prénom d’Elina (signifiant renaissance en Magna Agnaesia).

[Tya Aehil (enfant de la forêt), Elina Aion (renaissance + splendeur), ce dernier nom faisant référence au triomphe de l’art interdit sur les créations fades du Dieu Sombre.]

Age : 11 ans, étant une poupée de chair elle conservera cet âge et ne pourra jamais plus grandir.

Surnom : Aucun (pour le moment)

Lieu de vie actuel : Auprès de son maître, partout où il ira, et où il lui dira d’aller.

Rang spécial: /

Race: Poupée de chair (mort-vivant), mais elle fut jadis une enfant eldarienne vivant entre les murs d’Eldair’Kan.

Classe: Chaman

Faction : Celle que son maître lui dira de rejoindre.

Métier : Son statut se rapproche plutôt de celui d’un familier, mais elle possède des qualités évidentes de musicienne et d’herboriste.

Groupe : Aucun (pour le moment).


Caractère : Elina est encore une enfant. Tout juste ressuscitée par une magie profane et hérétique, sa conscience et sa personnalité semblent fragmentées, et elle est fréquemment sujet de visions et d’émotions qui lui paraissent étrangères. Elina souffre d’amnésie antérograde, et, son corps étant alimenté par la nécromancie et la magie-technologie, elle souffre d’un violent trouble bipolaire alternant gravement ses comportements. Tantôt elle parait en retrait, sage, obéissante, presque morne et sans vie, tantôt elle entre dans des états de rage violents, explose en remontrances et s’enferme dans des colères hystériques et maniaques, parfois elle est en proie à de profondes angoisses et s’enferment dans un mutisme inquiétant, semblant presque en transe, et tantôt elle possède toutes les caractéristiques de l’innocente enfant espiègle et joueuse, insouciante et adorable.

Elina inspire confiance, de part son apparence de poupée de porcelaine ravissante. Mais son aura est parfois sombre et inquiétante, et n’importe quelle personne expérimentée sentirait l’Hidraz concentré autour d’elle. Elle a néanmoins un côté attachant, et pourrait presque passer pour une enfant « normale ».
Elina voue également une loyauté et une dévotion aveugle à son maître, Kalgar Ael’Gand, qui lui a offert une « splendide renaissance ». Elle ignore pourquoi elle lui obéit sans fléchir, mais elle « sent » que c’est là son « devoir ». Qu’importe ce qu’il lui demandera de faire, elle le fera, même si cela ne lui plait pas, ou qu’elle doit véritablement en souffrir.

Elina est également très sensible à l’influence de la malédiction et du Dieu Sombre, et pourrait donc être jugée de « très instable ». Elle est imprévisible, pouvant passer des rires aux larmes en quelques secondes. La plupart du temps, elle reste néanmoins sereine et sage. Elle possède l’étrange manie de faire jouer ses doigts sur un instrument imaginaire lorsqu’elle se sent triste ou qu’elle a peur. Elle peut ainsi souffler dans le vide pendant plusieurs heures, sans même se rendre compte de l’absence de l’instrument entre ses doigts.

Enfin, Elina voue une haine démesurée envers les elfes noirs, mais ce de manière latente et inconsciente. Elle éprouve parfois des colères inexpliquées qu’elle ne peut réprimer et, tandis qu’une enfant de son âge passerait son temps à bouder, Elina a de fâcheuses tendances à adopter un comportement psychotique dont elle n’a pas même conscience. Il lui parait donc normal de passer ses nerfs sur un animal sans défense, arrachant lentement les pattes ou les ailes d’un oiseau, cherchant de ses mains à s’emparer de la source de vie de ces étranges bêtes.

Inconsciemment, Elina cherche des âmes pour alimenter son pouvoir, et ainsi rester en vie tout en alimentant le flux d’Hidraz qui anime son petit cœur en cristal. Elle n’a plus aucune notion du bien et du mal, et la norme est devenue celle définie par son maître. Elle est devenue incapable d’éprouver le moindre sentiment de compassion, et son seul véritable plaisir est de contenter son maître.

Enfin, Elina possède toujours le don de clairvoyance (dû à sa classe), et en toujours en proie à d’étranges visions prophétiques dont elle est incapable de saisir le sens. Cela provoque chez elle des crises d’angoisse violentes, ainsi que des bouffées délirantes relativement courtes. Son comportement peut paraître totalement ambivalent parfois, et les mécanismes de sa conscience semblent enroués par l’Hidraz.


Physique : Elina a toutes les caractéristiques d’une enfant de onze ans : un petit corps frêle à la peau blanche, presque aussi pâle que celle d’un vampire, de longs cheveux bouclés d’une couleur argentée peu commune, des traits fins reflétant l’innocence, de petits yeux améthystes poudrés d’une couleur dorée, une silhouette gracieuse et un sourire inspirant l’insouciance de la jeunesse. Voilà à quoi ressemble Elina lorsque son maître lui demande d’être bien sage et bien gentille pour lui faire plaisir, et surtout pour tromper ces imbéciles qui essayent de la gaver d’inutiles biscuits aux fruits à chaque fois qu’elle traverse des villages.

En réalité, Elina possède une aura plus qu’inquiétante. Parfois, ses yeux se teintent d’obscurité, et d’étranges veines émeraude traversent son visage déformé par les traits de la colère. Alors, Elina ne parait plus aussi gentille et mignonne, comme les fillettes de son âge. En proie à l’Hidraz, elle est capable du pire, et vous le découvrirez bien assez tôt.

Souvent vêtue comme une poupée de porcelaine, la demoiselle ne se sépare jamais d’une étrange poupée qui lui ressemble fort, et dont le visage est entièrement fissuré, comme elle.

Elle porte une large cicatrice au niveau du ventre, recousue par des mains habiles, et elle possède une cicatrice plus fine et à peine perceptible sur la joue qu’elle aime caresser lorsqu’elle se sent furieuse. Une fine incision est également perceptible au niveau de son cœur, car il a été arraché et subtilement remplacé par un cristal d’Hidraz alimentant ses fonctions vitales. Son cerveau étant intact, le cristal interagit directement avec celui-ci, et assure les fonctions cognitives.

Elina faisant partie de la catégorie des morts-vivants, elle n’éprouve plus aucune douleur lorsque l’on utilise des outils « basiques » et simples sur elle. Elle ressemble donc d’avantage à une poupée, qu’il est aisé de « réparer » lorsque ses membres sont brisés. Seul son cœur de cristal est vulnérable… Il serait très aisé de remplacer certaines parties de son corps par d’autres, ainsi, si Elina le souhaite, elle pourrait très bien exiger que l’on lui donne d’autres yeux, ou mains, comme une fillette exigerait qu’on lui achète une nouvelle robe pour être la plus belle …






Histoire :

Tya est une enfant de la forêt, comme son nom l’indique si bien. Elle est née dans l’Eirun, au sein de la Cité Blanche d’Eldair’Kan, et fut élevée dans les traditions eldariennes. Due à l’innocence et à la pureté de son aura, ses parents la destinèrent à devenir une prêtresse de Vaël, afin qu’elle reçoive la bénédiction du Dieu, et effectue un pèlerinage sacré en l’honneur de son peuple. Tya fut alors initiée aux arts eldariens dès sa plus jeune enfance : musique, chant, danse, écriture, art floral et quelques notions de médecine à base de plantes. A l’âge de trois ans, elle fut remise au Temple, et ne revit plus jamais ses parents.

Eduquée selon les préceptes de la religion, Tya fut une enfant docile et obéissante, calme, respectueuse, sans problème. Sa vie avait pris une teinte monotone, et elle se réfugia dans la lecture des livres les plus anciens, développant des pouvoirs innés avec une facilité déconcertante. Etant une élève studieuse, elle fut l’une des premières à maîtriser les bases de la magie de la Terre.

Hélas, à l’âge de dix ans, Tya réveilla un don qui sommeillait de manière latente en elle. Ce don, que le Temple s’empressa d’exploiter, allait bouleverser son enfance tranquille, et briser sa douce innocence.

Un jour, alors qu’elle s’exerçait à la magie sous les conseils de son professeur, elle eut une crise catatonique si brusque que le professeur paniqua et rameuta les autres prêtres autour de la jeune enfant. Celle-ci avait le visage crispé, ses mains si fortement serrées que ses ongles avaient déchiré la chair de ses paumes, quelques gouttes de sang y perlant. Elle semblait ne plus respirer, comme si elle était sous apnée, et les traits de son visage étaient déformés par une peur soudaine, ancrée jusque dans ses entrailles. Quelques secondes plus tard, la jeune enfant poussa un cri de terreur, s’agitant frénétiquement, cherchant à s’enfuir tandis que les prêtres la maîtrisaient difficilement.

- « Empêchez-la ! Ne la laissez pas s’enfuir ! Laissez-moi passer ! Tenez, faites-lui boire cette potion ! Allons, qu’on la laisse respirer ! » Hurlait un Grand Prêtre de Vaël en chassant les jeunes néophytes de son chemin.

Il s’approcha de Tya et lui fit boire une étrange mixture. Celle-ci, tout d’abord récalcitrante, tenta de mordre la main qui s’approchait de son visage, mais n’y parvint pas, et continua d’hurler en se débattant comme une bête traquée. La potion s’infiltra rapidement dans sa gorge, et elle se mit à tousser. Le liquide poisseux et glacial avait un goût d’herbe fraîche, ce qui lui donna la nausée. Mais, subitement, elle se calma, et son visage reprit des traits plus apaisés, plus sereins…

Le vieil homme s’abaissa alors à sa hauteur et posa une main amicale sur son épaule, la secouant un peu pour qu’elle reprenne ses esprits. Tya semblait bouleversée, dans un état de choc indescriptible, incapable de souffler mot. Son petit corps frémissait, tremblait sous une peur qu’elle ne parvenait à réprimer. Quelques larmes perlèrent alors ses yeux sans qu’elle ne puisse les en empêcher, et le vieil homme comprit aussitôt.

- « Qu’as-tu vu ? » Lui demanda-t-il d’un air grave.

- « …J…j’ai…le…le néant… ! » Bredouilla-t-elle.

Il y eut plusieurs murmures d’incompréhension, rapidement balayés par la voix puissante et sévère du Grand Prêtre.

- « Suis-moi » ordonna-t-il.

Tya se releva difficilement, aidée par la main puissante du vieil homme qui l’avait empoignée, et la menait à travers les couloirs de marbre blanc de la Tour Céleste. Il la traîna jusqu’à une petite salle décorée de runes et d’objets insolites, puis la fit s’agenouiller devant une bassine d’or et de pierreries. Une eau couleur émeraude scintillait mystérieusement à l’intérieur, et quelques remous formaient des symboles étranges à sa surface.

- « Regarde ton reflet » Ordonna-t-il à présent.

Docile, Tya obéit, et plongea son regard dans le reflet des eaux troubles. A sa grande surprise, elle ne vit pas sa silhouette s’y former, mais quelque chose d’autre… L’eau se mit à bouillir soudainement, et deux mains fluviales en jaillir, la faisant reculer dans un cri de terreur. Le Grand Prêtre l’empêcha de s’enfuir à nouveau, et les mains magiques s’agrippèrent à son crâne, s’insinuant dans son esprit, la figeant telle une statue de glace tandis que, sur les eaux émeraude de la bassine enchantée, des images se formaient sous l’œil intéressé du prêtre.

Alors tout recommença…

Son esprit fut projeté violemment hors de son corps, et les visions cauchemardesques l’assaillirent de nouveau. Un chœur de voix gutturales chantait d’un ton monocorde dans une langue dure et tranchante tandis que les images se bousculaient devant ses yeux effrayés.

La forêt brûlait…des cris inhumains d’effroi résonnaient…la chaleur des flammes sur sa peau…l’odeur abominable…un flash…des enfants couverts de taches noires…un flash…des landes rocheuses et désertiques, des créatures enveloppées de ténèbres se repaissant des âmes de cadavres qui s’empilaient à l’infini, dévorés par les corbeaux…un éclair…Yggdrasil l’arbre sacré, dont l’écorce se pourrissait…un autre éclair…une dame vêtue de noir, dague de sacrifice en main, chantait des louanges à Neùri…un cri…le néant…

Tya sortit de sa transe et chercha à remplir ses poumons d’air comme si sa respiration s’était bloquée tout ce temps. Elle toussa bruyamment, fut prise d’une envie soudaine de vomir, faillit défaillir, puis reprit lentement ses esprits tandis que sa vision s’adaptait peu à peu à la lumière du temple. Elle chercha dans les yeux du grand prêtre une explication, un peu de réconfort, mais son cœur faillit exploser en son sein lorsqu’elle vit les traits du visage du prêtre.

Il souriait.

Dès lors, sa vie ne fut qu’une succession de cauchemars. Sa tranquille petite vie d’enfant prodige, destinée à chanter pour les dieux de villes en villes, et écrire des poèmes à l’ombre des cerisiers…ces espoirs-là, ces rêves-ci, tous foulés du pied par ce don maudit hérité des dieux…le don de clairvoyance.

Elle ne serait pas prêtre, elle serait chaman ! On allait la former pour développer ses visions, et elle deviendrait prophète eldarienne. On avait choisi sa destinée, et il n’y avait plus rien à faire pour s’y opposer. Elle appartenait au Temple. Elle était devenue leur objet de rituel. Au nom de Vaël, pour les aider à combattre le Dieu Sombre, ses visions se devaient d’être exploitées. Comprenant son devoir, et le fait que ce don pourrait peut-être protéger son peuple, Tya se plia à toutes les exigences, et passa une année entière à être étudiée comme on étudiait un livre…

Privée d’intimité et de temps libre, sa vie se résumait désormais à déclencher des visions atroces et prophétiques sur la destruction prochaine de leur monde, et la renaissance de fléaux insoupçonnés. Ses rêves se teintaient chaque fois de cauchemars ignobles, si bien qu’elle ne parvenait même plus à distinguer la réalité de ses visions. Profondément traumatisée par certaines d’entre elles, elle finit par devenir insomniaque, et entra dans un état dépressif profond qui lui fut bien vite reproché. Comment pouvait-elle pleurer et se plaindre, alors qu’elle était « l’élue des dieux » qui conduirait son peuple à la gloire ?

Peut-être était-elle réellement égoïste et ingrate. Peut-être était-elle réellement une « gamine qui ne comprenait rien ». En tout cas, ce qu’elle comprenait, c’est que sa vie appartenait désormais aux prêtres, et qu’elle pouvait dire adieu à ses rêves d’enfants. Un profond sentiment d’injustice l’anima et, lors d’une vision particulièrement choquante, elle prit la décision de fuguer, de s’échapper, et se réfugia longuement dans la Cité Basse, à l’abri des regards, dans le creux d’un arbre millénaire où elle pleura toutes les larmes de son corps.

Elle y découvrit alors un autre don inné. Un don qui vint contrebalancer l’horreur du premier. Celui de parler aux esprits de la forêt !

Au creux de l’arbre, alors qu’elle se pensait en proie aux hallucinations de son demi-sommeil, elle entendit clairement la voix de l’arbre au creux duquel elle avait trouvé refuge. Elle entendait sa voix dans son esprit…il chantait pour elle…il chantait une berceuse eldarienne qui réchauffa son âme malgré la fraîcheur de la nuit, et consola son esprit enfantin blessé. L’arbre lui souffla de doux murmures apaisants, et elle fut gratifiée d’une nuit sans rêve, pour la première fois depuis un an.

Hélas, les prêtres la retrouvèrent au petit matin, et elle fut sévèrement réprimandée. Enfermée telle une captive dans la Tour Céleste, on reprit les expériences, et elle fut forcée de déclencher d’autres visions apocalyptiques censées prédire un avenir qu’ils voulaient contrecarrer. Mais son avenir, à elle, pouvait-il être combattu, lui aussi ?

Il était hors de question qu’elle continue à porter les chaînes de cette existence damnée.

Par une nuit d’orage, Tya profita du manque de vigilance des prêtres pour s’enfuir de la Tour Céleste. Etouffée par les préceptes du Temple et sa rigueur statique, elle aspirait à la tranquillité de la nature et l’harmonie de la forêt. Elle expérimenta alors, pour la première fois, un sentiment de liberté intense, une joie de vivre profonde, et une envie de découvrir le monde, au-delà des forêts, au-delà des remparts de la Cité. Elle courut jusqu’à en perdre haleine, dansant au gré du vent, sous la caresse des herbes hautes, riant aux éclats alors que la pluie ruisselait sur sa peau blanche, tournoyant telle une feuille portée par la brise, s’émerveillant face au déluge céleste qui déchirait l’horizon.

Usant de ses dons, elle ouvrit son esprit aux murmures de la forêt, et poussa des appels silencieux déchirants qui parvinrent aux oreilles d’un animal singulier. Un oiseau aux ailes majestueuses, immense volatile au plumage blanc, la gratifia de sa présence, et elle le supplia de l’emmener loin d’Eldair’Kan, au-delà de la forêt, où elle pourrait mener une existence plus saine. L’oiseau accepta, et, en quelques battements d’ailes, l’emmena loin au-dessus des remparts de la Cité Blanche qu’elle quitta sans regret aucun.

Fière de sa liberté nouvellement acquise, l’enfant parcourut la forêt de Redenhorn en chantant de longues complaintes eldariennes, guidée par les voix de la nature, protégée par les animaux qui croisaient son chemin. Elle était chez elle dans ces territoires familiers, et ne se sentait nullement menacée. Ses visions avaient enfin été apaisées, jusqu’au jour où ses pas la guidèrent jusqu’aux montagnes d’Alendorf. Un étrange sentiment l’anima alors, et une nouvelle vision, plus calme, presque trop courte, lui fit voir la forêt elfique de l’Aunwe, au creux d’un immense gouffre où s’élevait les branches de l’Arbre de Vie, Yggdrasil. Aveuglée par les légendes de son enfance, Tya ne réfléchit pas, et s’engagea, seule et désarmée, sur les sentiers d’Alendorf.

Elle gravit la première montagne non sans difficulté, peu habituée à la fraîcheur de la neige, à l’aridité des roches et à la brume humide qui brouillait sa vision. Elle regretta bien vite son insouciance, et voulut faire demi-tour, mais le spectacle envoûtant du blanc manteau des sommets en pointes la fascinait tant qu’elle ne put s’empêcher de continuer jusqu’à atteindre, presque instinctivement, le gouffre d’Alendorf, gouffre sur le néant.

Elle s’y arrêta, et contempla non sans effroi le trou béant qui s’offrait à elle, comme une plaie immense au cœur de la terre. Elle ne sut quoi faire dès lors, et aucune vision ne vint l’aider à prendre de décisions. Hélas, tandis qu’elle commençait à grelotter de froid, et qu’elle pensa plus sage de rebrousser chemin, un hurlement sonore fit longuement écho dans les montagnes silencieuses…

Un raclement soudain…quelques cailloux qui dévalèrent une pente…la brume, intense, camouflant les sentiers…une odeur de chien mouillé ? Des pas, presque imperceptibles, s’enfonçant dans la neige…puis, soudain, les yeux ! Les YEUX !

Un nouvel hurlement, et la bête jaillit hors de la brume dans un rugissement tonitruant, se jetant sur la jeune eldarienne qui n’eut pas même le temps de se défendre. La créature massive, ressemblant à un loup au pelage noir, avait bondi sur elle, et tenta de refermer ses crocs luisants sur sa chair tendre, mais la jeune enfant recula par réflexe, et glissa. La patte griffue et puissante de la bête chercha à la rattraper, mais c’était trop tard. Ses pieds se dérobèrent sous son corps, et elle se sentit tomber en arrière, puissant un cri de terreur tandis que le vent faisait claquer ses vêtements contre sa peau dans sa chute interminable. Un choc violent.
Le néant…

Quelque chose de doux ruisselait sur sa peau, tels des grains de sable roulant sur son visage. Elle sentait la caresse soyeuse du sol sur lequel elle reposait. Une odeur de pollen, de bois humide l’enivrait. Elle ouvrit lentement les yeux. Les couleurs se mélangèrent, et elle reprit doucement conscience. Ses lèvres étaient sèches, ses membres la faisaient souffrir, sa tête lui faisait atrocement mal, et elle avait l’impression d’émerger d’un long cauchemar. Une lumière aveuglante l’empêchait de voir, et elle plongea son visage entre ses mains pour s’en protéger.

- « Ha ! Tu es vivante ! » S’écria une petite voix féminine, presque cristalline et douce.

Tya se redressa douloureusement, et chercha des yeux d’où provenait la voix.

- « Ici ! » Cria-t-elle de nouveau pour attirer son attention.

Alors, la jeune eldarienne ne put réprimer un cri d’admiration. Devant ses yeux, ruisseaux de saphir, arbres millénaires s’enchevêtrant, fleurs aux proportions démesurées, herbes bleutées et champignons parfumés, éclat tamisé du soleil perçant les feuillages argentés, et, enfin, devant ses yeux ébahis, une fée entourée d’une aura qui dégageait une poussière magique qui régénérait ses plaies.

- « Tu as fait une belle chute, heureusement que j’étais là ! Ha, ça n’est pas tous les jours que l’on voit des eldariens ! Mais tu as l’air si jeune… Tu t’es sans doute perdue ! Ne t’inquiètes pas, je vais te reconduire chez toi ! » Lui affirma gentiment la fée.
- « Ho non ! non ! Je ne veux plus retourner à Eldair’Kan ! Je veux rester ici ! » Protesta Tya.

- « Mais c’est impossible ! Je suis navrée, mais tu ne peux pas rester. Cela pourrait les attirer ici… »

- « Les attirer, mais qui ? »

- « Les elfes noirs, bien sûr ! Allons, il faut que tu t’en ailles maintenant ! »

- « Oh, je vous en supplie, aidez-moi ! Ceux d’Eldair’Kan pensent que mes visions les aideront à combattre les elfes noirs, eux aussi, mais je ne peux plus les supporter ! Ne me renvoyez pas là-bas ! »

- « Tes visions ? Tu as…le don ? Oh, mais…tu serais capable de parler avec Yggdrasil, alors !»

- - « Oui, sans doute…enfin, je crois…mais pourquoi ? »

- « Tu dois partir. Tu es trop dangereuse. Il faut retourner à Eldair’Kan, tout de suite ! Si les elfes noirs te trouvent…ou trouvent cet endroit…non, non, sois un peu raisonnable, ce don est très dangereux, tu ne dois pas tomber entre les mains de nos ennemis ! »

- « Mais je… »

Tya éclata en sanglots, sous le regard compatissant de la fée. Attendrie, elle tâcha de la consoler, mais rien n’y fit. Finalement, Tya accepta de quitter l’Aunwe. Pour la remercier, la fée lui donna un étrange instrument, censé l’apaiser et l’aider à se contrôler. Elle lui promit que l’harphonia l’aiderait à supporter ses visions, et calmer ses terreurs nocturnes. Tya accepta avec beaucoup de reconnaissance et, avec l’aide de la fée, quitta l’Aunwe pour redescendre les montagnes et traverser…la Forêt noire.

Elle hésita longuement avant de reprendre le chemin de l’Eirun, et, chaque nuit, elle joua de l’harphonia. Cet instrument avait le pouvoir étrange de la rendre sereine quelle que soit la situation. Elle en devint bien vite dépendante et, chaque fois qu’elle avait peur, fit sonner l’instrument à travers la forêt. Hélas, elle perdit bien vite son chemin, car les arbres de la forêt d’Hildegarde, loin de vouloir l’aider, semblaient vouloir l’attirer plus encore entre leurs branches, et la perdre au cœur des marais.

L’enfant eldarien finit par atteindre un étrange manoir. Elle fut charmée par l’aspect antique et chaleureux de l’endroit et, insouciante, alla frapper à la porte de cet endroit insolite et pourtant…inquiétant. Néanmoins, l’hostilité de la Forêt Noire rendait presque l’endroit attrayant et, étant complètement perdue, elle pensait sincèrement que sa décision était la bonne.

Elle fut accueillie par une magnifique dame aux cheveux de soie, vêtue d’étoffes riches et soyeuses, aux couleurs sombres, rehaussée de nombreux bijoux flamboyants. La beauté et le charisme qu’elle dégageait furent tels que l’enfant en fut charmée. Loin d’être méfiante, elle lui accorda aussitôt une confiance aveugle, et se laissa guider par sa main glaciale à travers d’immenses salles et galeries aux décorations loufoques mais très artistiques. D’une manière presque maternelle, elle fut soignée par l’étrange dame, et par d’autres comme elles, qui s’affairaient à lui brosser les cheveux, à la parer de vêtements étranges et de bijoux semblables. On la gratifia de caresses et de doux baisers sur sa peau blanche, puis on lui donna une poupée de porcelaine qui portait des habits semblables aux siens. On la rassura, lui chanta d’étranges chants incompréhensibles, puis on la conduit dans une chambre où elle put se reposer de son long périple.

A son réveil, la chambre avait disparue.
Elle était étendue sur le sol froid d’une geôle sombre où brûlaient quelques torches. Des barreaux de fer entouraient la salle, et des dizaines d’enfants semblables étaient assis autour d’elle, le regard presque absent, ou profondément peiné. Ils avaient tous une petite poupée entre les bras, qu’ils serraient pour se donner du courage. Tya ne pouvait comprendre. Elle ne pouvait réaliser dans quel piège cruel elle s’était laissé enfermer.

- « Où suis-je ? Mais…qui êtes-vous ? Pourquoi sommes-nous… » S’écria-t-elle soudain.

- « Tu t’es fait avoir, toi aussi ! » Coupa une enfant un peu plus jeune qu’elle.

- « Ils t’ont enlevée ? » Questionna un petit garçon.

- « Ou alors tu les as suivis, toi aussi ? Je pensais qu’ils m’aideraient à retrouver ma maman, mais ils m’ont emmené ici à la place… »

- « Ce sont des vampires… »

Ce dernier mot choqua profondément la jeune eldarienne. Des vampires ?! Ces êtres maudits qui buvaient le sang des autres races pour survivre ? Est-ce qu’ils…est-ce qu’ils étaient…leur garde-manger ?!

- « De temps en temps, ils viennent choisir l’un d’entre nous. Ou alors, ils apportent des nouveaux. Il y a des adultes aussi, mais ils les enferment ailleurs. Nous…nous sommes choisis pour les plus nobles. Ils disent que notre chair est plus tendre, que c’est réservé aux Sangs Purs. »

Tya était horrifiée. Au bord des larmes, elle chercha un moyen de s’enfuir, mais n’en trouva aucun. Les autres enfants se désintéressèrent bien vite d’elle, et elle comprit à quel point elle avait été idiote de s’enfuir d’Eldair’Kan. Elle s’était échappée d’une prison, pour venir s’enfermer dans une autre ! Elle tâcha de déclencher de nouvelles visions qui pourraient l’aider à se sortir d’ici, mais, paniquée, elle ne put rien faire d’autre que de s’enfermer dans une angoisse intense. Alors, machinalement, elle agrippa l’harphonia, et se mit à jouer une berceuse eldarienne qui apaisa son cœur…et éveilla une fascination ineffable chez les autres enfants. Bien vite, l’harphonia devint leur seule source de plaisir et de sérénité, et ils passèrent des semaines entières à en jouer.

Jamais Tya n’expérimenta d’injustice et d’impuissance plus grande. Ses visions s’étaient arrêtées, et elle se sentit plus que jamais inutile. Elle songea longuement à la mort, sachant bien quel sort on lui réservait. Puis, un jour, un vampire vint la chercher. Son regard d’argent, étonnement séduisant, l’emprisonna provisoirement, et elle suivit docilement son bourreau, presque sous son charme. On la conduit à travers galeries et couloirs, puis on lui passa une chaîne autour du cou, et on lui lia les mains.

- « Douce chair qui n’attendait que notre morsure, quel dommage que le maître ait accepté de t’échanger avec eux… Allons, sois une gentille petite fille… Au fond, tu regretteras peut-être que nous n’ayons pas été les seuls à profiter de ton sang… »

Le vampire déposa un doux baiser sur l’un de ses poignets, et fit perler le sang sur ses crocs pour en aspirer voluptueusement quelques gouttes. Tya chercha à s’enfuir, mais le regard d’argent du vampire était si intense qu’elle se sentait figée sur place, incapable de réagir. Alors, il la lâcha, et la poussa vers la sortie. Les lourdes portes d’ébène s’ouvrirent, et elle fut jetée au sol devant trois êtres dont le corps était camouflé dans une toge noire, un capuchon plongeant leurs visages dans l’obscurité.

- « Voici l’enfant, notre petit troc est donc terminé. Quittez ces terres désormais, nous n’avons plus rien à voir avec vous ».

Les trois êtres ne répondirent rien. Deux d’entre eux saisirent Tya par les bras et la traînèrent à travers la Forêt Noire.

Ils s’enfoncèrent loin dans les terres d’Hildegarde.
Des ossements étaient accrochés aux arbres morts qui s’enchevêtraient tortueusement pour délimiter le territoire des inconnus. La forêt en ces lieux s’était éteinte, comme figée par le temps. D’étranges cris de créatures effroyables faisaient longuement écho dans l’obscurité surnaturelle des lieux. Elle fut bien vite portée jusqu’à un autel sacré, entouré d’étranges pierres gravées de runes et de symboles. On l’attacha à un rocher, les lourdes chaînes écorchant sa chair, et on la laissa là toute la nuit durant.

La concentration d’Hidraz en ces lieux était telle que cette nuit fut sans doute la pire de son existence. Les murmures de la forêt pénétrèrent son esprit, et lui soufflèrent des mots empoisonnés qui lui inspirèrent les pires songes :

- « Tes parents t’ont abandonnée… Le Temple se fiche de toi, ils convoitent ton pouvoir… Tous ces enfants morts à Hildegarde… Ces visions, elles se réaliseront… C’est de ta faute, ce qui va arriver… Ce ne sont pas des illusions… Tu vas mourir ici… C’est injuste, non ? Pourquoi ne pas te venger… Oui, venge-toi des eldariens ! Venge-toi… Venge-toi… »

Les visions lui éclatèrent au visage, et cette fois, elles n’eurent de fin que lorsque l’aube se leva.

Tya ruisselait de sueur et de larmes, le sang coulant de ses poignets endoloris. Son corps tremblait et semblait ne plus vouloir la porter. Sa gorge était sèche et sa vision se brouillait, peu habituée à l’obscurité. Son esprit était en proie à des délires soudains qui furent bien vite chassés par une claque puissante, fouet cruel qui lui infligea un éclair de douleur.

Face à elle, une femme, une elfe. Elle avait la peau noire cendrée et de magnifiques cheveux blancs. Elle portait une armure de cuir, ainsi que deux épées à la taille. Ses gants de cuir hérissés de pointes avaient déchiré la chair de sa joue, et la jeune enfant eldarienne réprima un cri de douleur.

- « Le prophète t’a désignée. Tu es celle qui combattra notre peuple grâce au don. Tu es destinée à devenir une chaman, et tu prendras les armes pour nous anéantir. Le prophète a vu. Le prophète t’as choisie. Pour éviter que tu deviennes une menace pour nous, nous allons t’offrir la chance de combattre ton destin ».

- « Je…je ne comprends pas… » Bredouilla Tya.

- « Silence ! » Hurla la femme en la giflant à nouveau.

Tya se tut, et réprima d’amers sanglots. Epuisée, elle se contenta d’abaisser le regard et d’attendre. L’elfe noire s’abaissa alors à sa hauteur et la dévisagea longuement.

- « Est-ce que tu l’as vu ? » Dit-elle non sans exaltation.

Tya lui adressa un regard interrogateur, frémissant face à cette excitation soudaine.

- « L’œil de Neùri, tu l’as vu ? »

Tya ne comprenait pas. Elle secoua négativement la tête. Cette réponse parut déplaire à l’elfe noire, et elle frappa violemment la roche près de son visage pour la menacer.

- « Petit pourceau inutile, raclure eldarienne ! Tu refuses d’ouvrir ton esprit au Dieu Sombre ?! Ah, pourquoi ces larmes, petite idiote ?! N’es-tu pas heureuse d’avoir vu les voiles du futur ? N’es-tu pas heureuse que ceux d’Eldair’Kan vont payer pour leurs crimes et leurs péchés envers le Dieu ? Tu es son élue ! Tu vas nous rejoindre ! »

- « Je ne veux pas être responsable de ces horreurs ! Laissez-moi partir, je vous en supplie ! Je promets de fuir loin d’ici, je promets de ne pas vous combattre ! S’il vous plait… » Supplia Tya qui ne comprenait rien à cette situation épouvantable.

- « Silence, hérétique ! »

Elle reçut une nouvelle gifle. Cette fois, l’exaltation de l’elfe noire se changea en profonde colère, et elle enroula ses mains autour du cou de l’enfant.

- « Tes visions sont dangereuses pour nous… Tu pourrais prédire nos actions pour l’ennemi. Tu dois mourir, tu comprends, n’est-ce pas ? Ton esprit est trop faible, oh, si faible… Pauvre petite chose inutile…quel grand potentiel, si peu exploitable ! Tu ne veux pas nous rejoindre, petite idiote bornée ! Tu es trop stupide pour comprendre quel formidable don l’on t’a confié… Ha, si seulement tu avais réalisé les grandes choses que tu aurais pu accomplir avec nous ! Mais une nuit ne fut pas suffisante pour faire plier ton esprit. Non, non, le prophète a raison. Ton pouvoir est grand, mais toi, tu es inutile. Nous allons utiliser ton énergie. Nous allons l’offrir au Dieu ! Tu seras l’invité d’honneur de la cérémonie profane, tu es heureuse, n’est-ce pas ? Ha oui, je sens ta joie, comme tu dois être exaltée à l’idée de rejoindre le Dieu ! Tu seras une gentille fille, n’est-ce pas ? Tu seras sage, et ça ne te fera pas mal…d’accord ? »

Face à l’insanité des propos tenus, Tya ne put garder son calme. Elle chercha à se débattre, mais fut emmenée de force par d’autres elfes noirs vêtus d’étranges toges. Elle fut conduite à une stèle de sacrifice où l’on lia ses membres, et la cérémonie profane débuta sous les chœurs des prêtres noirs qui chantaient d’un ton monocorde…dans une langue effroyable…comme dans sa première vision…

La femme en armure noire exécuta plusieurs gestes étranges, s’empara d’une dague, et s’avança jusqu’à l’autel. Quelques cristaux noirs furent déposés autour de son corps, et l’elfe noire déchira ses vêtements. La lame glaciale glissa longuement sur sa peau blanche, et le sang perla dans un éclair de douleur tandis que Tya se débattait vainement. L’elfe noire scarifiait sur son corps un cercle de symbolomancie. Elle se mit à incanter un étrange sortilège, et Tya hurla sous la pression intense qui gagnait soudainement son corps. Elle sentait ses membres se tordre tandis que la douleur s’insinuait en elle. Elle hurlait et hurlait à n’en plus finir, ses yeux se révulsant sous l’effroyable impression d’être écrasée, broyée, écartelée, brûlée vive sur l’autel du Dieu Sombre.
La dague se plongea à plusieurs reprises dans son corps frêle, mais la douleur se mêlait en une subtile harmonie, si bien que la réalité se déchirait pour ne laisser place qu’à un voile d’obscurité, consumé par les flammes d’un œil qui l’observait. L’œil ?

Elle s’entendit hurler tandis que l’œil l’observait. Le désespoir l’assaillit tandis qu’elle sentait son dernier souffle sortir de ses lèvres teintées de sang. Un dernier éclair de douleur, et sa vue se brouilla, pour ne plus jamais revoir le jour…

Sa conscience défaillit.
L’écho des voix gutturales.
Un liquide chaud s’écoulant sur sa peau nue…
L’obscurité totale…le silence…puis soudain, la sérénité…plus de douleur ni de souffrance…juste…le néant.


Une fois la cérémonie terminée, les elfes noirs récupérèrent avec empressement les cristaux chargés d’énergie vitale. La plupart se détournèrent du corps, désintéressés, mais certains s’interrogeaient encore sur ce qu’ils devaient en faire.

- « Nous devons être sûrs que personne ne récupèrera le corps. Les eldariens ne doivent pas nous soupçonner pour le moment. S’ils comprennent nos intentions, cela pourrait ralentir nos projets de conquêtes… » Murmura l’elfe noire à un de ses frères.

- « Tu as raison. Jetons-la dans le Fleuve de Sang, du haut d’une des montagnes d’Alendorf. Avec un peu de chance, les goules se chargeront de son cadavre. Le Dieu Sombre n’en sera que plus honoré ».

- « Bonne idée. Occupe-toi d’elle. Elle nous aura été utile, en fin de compte. Dommage que nous n’ayons pas pu nous servir de son pouvoir. »

- « Mieux vaut éliminer les menaces quand elles sont encore jeunes, c’est là ce qu’a dit notre prophète. Si nous l’avions laissée grandir, elle aurait pu devenir une ennemie de notre race. La volonté du Dieu Sombre a été accomplie. »

Sur ces paroles emplies d’une foi loyale, les elfes noirs se chargèrent d’emporter le corps de Tya. Ils escaladèrent les montagnes d’Alendorf et, du haut de ses sommets enneigés, jetèrent le corps de l’enfant qui disparut dans la brume. Ils s’en allèrent sans même se retourner, sans même soupçonner que, dans leur insouciance, le corps de l’enfant vint se cogner contre les parois rocheuses et, plutôt que de finir sa chute dans le Fleuve de Sang en contrebas, roula le long des pics enneigés, glissa sur les plaques de glace des sommets et, dans une chute qui sembla interminable, s’écrasa tel un pantin désarticulé dans un cercueil de neige et de roche, tout près d’innombrables galeries souterraines…tout près des antres insoupçonnées d’entités puissantes qui se ravissaient aux yeux des mortels.

Tya reposait inerte, ses yeux grands ouverts reflétant la neige qui ruisselait sur son visage telles des larmes de glace. Ses membres étaient brisés, et sa chair avait été déchirée par la dague de l’elfe noire. Elle ressemblait à une poupée de porcelaine, fissurée de toute part, ses vêtements déchirés et ensanglantés, ses membres tordus, ses billes de verre ne reflétant que le néant. La neige commençait à recouvrir son corps, tel un cocon funèbre qui la ferait disparaître à jamais de ce monde d’exil et de ténèbres. Mais une étrange aura se formait autour d’elle. Les souffrances qu’elle avait endurées, le caractère effroyable et atroce de sa mort…ses visions de ténèbres, ses angoisses, ses peurs…autant de sentiments négatifs et violents qui avaient cristallisés autour d’elle un flux d’Hidraz qui ne demandait qu’à être exploité.

Tya était morte. Mais sa souffrance persistait à exister.



Famille/ennemis/amis : Elina n’a aucun souvenir de ses proches. Même si sa mémoire lui revient parfois par bribes, elle n’a que des sensations passées, des émotions. Sa conception des relations est encore floue et presque inexistante. D’instinct, elle considère Kalgar comme son maître et lui obéit sans même remettre cette obéissance docile en question.


Equipement : Une petite poupée de porcelaine fissurée qui lui ressemble. S’éveillant à peine à sa nouvelle vie, elle ne possède, pour l’instant, aucune arme. (à venir en rp)

Familiers : (à venir en rp)

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MessageSujet: Re: Elina Aion, adorable petite peste (bubonique) et familier de papy Kal' <3   Dim 29 Nov - 1:09

Je (re)valide la fiche, bon jeu !
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Elina Aion, adorable petite peste (bubonique) et familier de papy Kal' <3
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