Les Chroniques d'Isaia

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 Extrait chapitre 1 - "La princesse du désert"

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MessageSujet: Extrait chapitre 1 - "La princesse du désert"   Dim 29 Nov - 11:39

La fête s’était essoufflée, et les marchands avaient depuis bien longtemps débarrassés leurs étales. Seuls restaient quelques musiciens et joueurs de cartes discutant bruyamment autour du feu de bois. Femmes et enfants s’étaient déjà retirées pour affronter à nouveau leur quotidien. Le silence de la nuit, symbole du domaine des ténèbres imposé à cette terre, était à peine perturbé par la présence humaine. Le flamboiement des étoiles raviva néanmoins la poésie qui vibrait dans le cœur des hommes, et quelques musiciens improvisèrent quelques mélancoliques ballades tandis que quelques hommes s’affairaient à former une piste de danse.
Attiré par les battements sourds d’un tambour en peau de daim et la mélodie entraînante d’une flûte, le roi s’aventura à l’extérieur de la ville, près des remparts de pierre, là où les dunes de sable s’étendaient à l’infini vers l’horizon.

Le ciel était pur et la lune éclairait les alentours, sa pâle lueur se reflétant dans l’eau des oasis. Là, quelques musiciens semblaient introduire un ou une danseuse cachée dans un long manteau noir bordé d’or. Des lanternes avaient été disposées en cercle pour délimiter ce qui semblait être la piste de danse. Une cinquantaine de personnes s’étaient déjà rassemblées autour du cercle, attendant que l’être vêtu de noir débute le spectacle.

Intrigué, Théobald s’avança parmi eux. La plupart des gens le laissèrent passer en inclinant la tête, ce qui lui permit de s’approcher assez près des musiciens. D’un signe de main de leur part, l’être en noir fit glisser son manteau jusqu’au sol et s’avança lentement dans le cercle. Il y eut aussitôt des murmures d’admiration, et tous les regards se rivèrent sur la jeune danseuse qui s’était immobilisée au centre de la piste.

C’était une jeune femme au visage angélique, aux cheveux blonds et aux yeux d’un bleu glacial. Elle portait une pièce d’armure qui recouvrait sa poitrine, ainsi que des épaulières, des jambières et des gantelets en métal noir. Retenue à l’aide d’une ceinture, une jupe rouge bordée d’or ouverte des deux côtés tombait le long de ses jambes élancées. Elle tenait entre ses doigts fins et pâles deux larges éventails de fer rouge décorés par quelques runes et courbes dorées.

Alors, lorsque le rythme eut bien imprégné son esprit, la jeune femme déplia ses larges éventails et commença une danse envoûtante. Elle exécuta quelques lents mouvements très amples avant de prouver sa souplesse et son agilité en alliant la grâce et la beauté à l’usage réfléchi de ses éventails. Subjuguée, la foule retenait son souffle, admirant à la fois la douceur de la jeune femme et la violence de la danse. Théobald lui-même ne put détourner son regard de la mystérieuse danseuse, sentant battre son cœur au rythme de ses pas.

Ce n’est que lorsqu’il sentit une forte odeur de sang qu’il tourna instinctivement la tête. Son regard se posa alors sur un homme qui semblait un peu plus âgé que lui. Son corps était entièrement recouvert d’une longue cape noire, et seul son visage était visible dans l’obscurité de la nuit. Il avait la peau très pâle, presque blanche, de longs cheveux noirs attachés à l’aide d’un ruban blanc, ainsi que des yeux qui luisaient d’une lueur argentée. Un fin sourire étirait ses minces lèvres rouges tandis que Théobald le fixait.

- Hé bien, mon ami, êtes-vous si surpris de me voir que vous ne pouvez détacher votre regard de mon visage ? Questionna l’homme sur un ton amusé.

- Non. C’est juste que…vous avez du sang, sur la joue…

- Oh…

L’homme parut désappointé. Une main blême sortit de sa cape, tenant entre ses doigts un mouchoir de satin. Il essuya le sang qui maculait sa joue, puis s’essuya les lèvres avant de ranger son mouchoir tâché de rouge.

- Navré, je n’ai pas l’habitude de cacher ce genre de choses.

Théobald sourit à cette réflexion, puis contempla à nouveau cette magnifique danseuse qui continuait d’envoûter la foule.

- Que faites-vous ici, si loin de vos terres ? Demanda Théobald.

- Voyons, pour un être tel que moi, la Forêt Noire n’est pas aussi éloignée que vous le laissez sous-entendre. Pour assouvir votre curiosité, mon ami, je vous répondrai simplement que j’avais juste envie de vérifier les rumeurs qui courraient à propos de l’Enfant des Ténèbres…

- Et vous avez cru bon de soutirer ces informations à un général de l’Empire tout en sachant que vous avez répondu à l’appel de l’Empereur par l’exécution de ses messagers ?

- Une réponse de très bon goût, n’est-il pas ? Admettez qu’au moins, les choses sont claires entre votre maître et moi. Quoi qu’il en soit, mon ami, vous êtes dans l’erreur. Je ne suis pas venu ici pour me servir de l’amitié secrète qui nous lie. Non. Je suis venu chercher les réponses à mes questions moi-même, et je n’ai pas été déçu par ce que j’ai appris.

Théobald aurait aimé lui demander ce qu’il avait bien pu apprendre, mais il savait qu’avec Valerius, un service demandé était rarement gratuit. Il préférait que le vampire parle de lui-même. Il savait qu’il le ferait. Valerius était un être pédant : il aimait afficher sa supériorité, qu’elle soit intellectuelle ou autre…

- Cette femme vous subjugue-t-elle tellement que vous en oubliez votre curiosité, mon ami ? Hé bien, puisqu’il en est ainsi, je ferai preuve de curiosité à votre place. Dites-moi donc, très cher, ce que vous pensez de cet Enfant des Ténèbres.

La question de Valerius avait surpris le jeune roi. Ce qu’il pensait de cette illuminée ? Absolument rien de bon ! Il la méprisait, et ce depuis le jour où elle fut nommée conseillère de l’Empereur. Pourtant, il n’avait jamais haïs une femme. Il s’était toujours juré de les respecter, sans doute en mémoire de sa mère jadis morte à cause de la faiblesse de son véritable père. Ne souhaitant pas ressasser un passé qu’il préférait oublier, Théobald, le regard toujours rivé sur la danseuse, répondit d’un ton calme mais froid :

- C’est une lunatique. Une folle qui a eu l’ambition de sortir de sa misérable condition de femme pour devenir l’égale d’un homme. Elle a su manipuler le peuple en se faisant passer pour l’élue du Dieu Sombre. Quand bien même elle dirait vrai, que serait-elle de plus qu’un pitoyable pantin aux mains d’une déité morte depuis le tout Premier Age ? Cette chose qui suit l’Empereur telle son ombre n’est rien de plus qu’un traître cherchant à soumettre un peuple pathétique qui s’agenouille et chante ses louanges en croyant à des absurdités tel que le retour de Neùri sur Isaia. Ou ils sont fous, ou ils sont stupides ! Que signifierait le règne du Dieu Sombre, sinon la destruction totale d’un monde que l’Empereur cherche à changer ? Cette femme est un danger pour le futur. Je ne souhaite que sa mort, c’est tout ce qu’elle mérite à mes yeux…

Valerius resta un instant silencieux…avant d’éclater de rire ! Théobald se tourna vers lui, interloqué. Se moquait-il ? Peu importe. Il avait été sincère. Si Valerius ne le prenait pas au sérieux, il n’en avait cure.

- Théobald, vous blâmez le peuple de suivre aveuglément cette femme parce qu’elle prétend être l’élue d’un dieu. Mais n’êtes-vous pas tout aussi aveugle en servant l’Empereur qui prétend avoir le pouvoir de changer le futur en votre - que dis-je ! – en SA faveur ?

- Valerius, je ne souhaite pas raviver d’anciennes querelles. J’avais douze ans lorsque je suis devenu le vassal du roi Dénéthran. Le serment qui me lie à l’Empire ne sera rompu que par la mort ou le déshonneur. Et mon honneur vaut bien plus encore que ma propre vie. Par ailleurs, pourquoi avoir refusé d’entrer en guerre ? Ne craigniez-vous point les représailles de l’Empereur après un tel affront ?

- Nullement, mon ami. Je savais pertinemment que l’Empereur ne ferait rien. Je savais aussi qu’il perdrait cette guerre. Comment, me demandez-vous ? Parce que l’Enfant des Ténèbres est venue à moi. Elle m’a affirmé que la Bataille des Trois Cités marquerait la fin de l’Âge de la Résurrection. Elle m’a également révélé que, si je répondais à l’appel de l’Empereur, je serais brûlé vif par la lumière divine du Dieu Créateur. En contrepartie de ma compréhension, elle m’a promis qu’une femme digne de partager l’éternité à mes côtés atteindrait très bientôt mes terres. Cela fait tellement de temps que je cherchais une épouse qui me fasse honneur. Voyez-vous, selon elle, j’avais tout à gagner en ignorant les cris de guerre de votre maître.

Théobald se tut. L’Enfant des Ténèbres avait-elle réellement dit cela ? Pouvait-elle prévoir si aisément l’avenir ? Mais dans ce cas…cela voudrait-il dire que cette femme se servait de l’Empereur ? Si elle savait que son maître courait vers l’échec, pourquoi ne pas l’avoir prévenu ? Pourquoi avoir laissé les généraux de l’Empire courir à leur perte si elle détenait le pouvoir de les en empêcher ?

Quelque chose ne tournait définitivement pas rond. Son mépris pour la prêtresse du Dieu Sombre n’en fut qu’amplifié. Il allait devoir garder un œil sur cette félonne, même s’il savait que l’Empereur n’était pas du genre à se laisser endoctriner aussi aisément.

- N’avez-vous jamais vu le visage de l’Enfant des Ténèbres ? Demanda brusquement Valerius.

- Non, pourquoi ? Répondit Théobald, apparemment surpris d’une telle question.

- Savez-vous qui est cette femme qui a attiré votre regard ? Ajouta le vampire en désignant la danseuse.

Théobald redoutait le pire. Au fond de lui, il savait ce que Valerius essayait de lui dire, mais il refusait de l’admettre. Feignant de ne pas comprendre, il répondit d’un air détaché :

- Je n’en ai aucune idée. Qui est-elle ?

- Une sorcière, répondit Valerius d’un air très sérieux.

Théobald ne s’était absolument pas attendu à cela. Valerius cherchait-il à le déstabiliser, ou voulait-il simplement se moquer de lui ? Il cherchait une raison à ces questionnements, convaincu que chacune des paroles du vampire cachaient une vérité qu’il devait deviner.

- Pourquoi dites-vous cela ?

- C’est très simple, mon ami : elle vous a ensorcelé…

Théobald ne sut quoi répondre. Visiblement, le vampire s’amusait beaucoup de la situation. Après tout, le jeune roi du Nazor n’avait jamais accepté les avances des femmes qui se pâmaient devant lui. Beaucoup de personnes en étaient très surprises, l’Empereur le premier…

- Je ne puis qu’admettre que cette femme a des charmes inexplicables qui font vibrer mon cœur. Si je ne devais en avoir qu’une, ce serait elle que je choisirais. Il est rare de voir des femmes au visage si pur, et dont les traits n’ont pas été enlaidis par les ténèbres. Je souffrirai de savoir qu’un autre l’ait déjà prise, et je la placerai volontiers sur le trône du Nazor pour jouir d’une compagnie autre que celles des Ombres qui me servent. Son habilité au combat se trahit de par cette danse guerrière maquillée par la douceur de son apparence. Nulle femme ne m’a jamais parue si parfaite, et pourtant, j’ai l’impression que la toucher serait un grave sacrilège, souffla Théobald.

- Mon ami, je veux bien vous croire. Cependant, pour votre bien, vous devriez abandonner l’idée de courtiser une telle femme. Vous avez raison de craindre qu’elle puisse être à un autre : elle s’est dévouée corps et âme à un être aussi cruel qu’abject. Elle ne sera jamais à vous, Théobald, et vous comprendrez bien assez tôt pourquoi…

- Si mariée elle est, je n’hésiterais pas à gagner son amour par un duel ! Je vous en conjure, Valerius, révélez-moi son nom…

Le vampire posa son regard d’argent sur Théobald. Il ne répondit pas tout de suite. Son sourire s’était effacé, laissant place à un visage grave. Théobald semblait si sérieux quant à sa déclaration que le vampire en parut troublé. Il s’inquiétait pour son jeune ami.

Les yeux du roi brillaient d’admiration, trahissant cette passion qui peu à peu fleurissait en son cœur. Valerius réalisa soudain que, contrairement à la foule, ce n’était pas ce charisme brûlant que possédait la danseuse qui avait mis Théobald dans cet état. Non. Le jeune prodige du Nazor s’était refusé à des femmes aussi belles et charismatiques que cette danseuse. Qui plus est, nul sortilège aussi faible que celui du charme ne pouvait atteindre un être aussi doué que lui. Mais Théobald était humain, c’était là son seul défaut. Touché par les ténèbres, il pouvait encore éprouver un amour vrai et sincère, un amour qui finirait sans nul doute par le ravager. Le destin des hommes de l’est ne pouvait être changé. Aussi puissant que serait cet amour, Valerius ne pouvait distinguer que la souffrance au final.
Théobald ne devait pas l’aimer. Pas elle.

- Etes-vous certain de vouloir connaître son identité ?

- Parlez sans crainte, mon ami.

Espérant que sa réponse ferait entendre raison à son ami, Valerius n’hésita pas une seule seconde, conscient que Théobald ne serait maître de son destin qu’en sachant la vérité. Le reste ne dépendait pas d’un simple maître vampire…

- Cette femme répond au doux nom de Deis. Deis Tinivarita, le pantin pathétique que vous disiez tant haïr, avoua Valerius avec un sourire moqueur.

Cette révélation avait frappé Théobald en plein cœur. Cette femme si belle, si pure, au visage si innocent…cet être gracieux n’était-il autre que l’ombre froide qui agissait au nom de la destruction ? Il ne pouvait l’admettre. Il ne pouvait accepter une telle chose ! Et pourtant, il n’y avait nulle raison pour que Valerius lui mente…

Alors qu’il voulut sonder le visage du vampire, Théobald s’aperçut que celui-ci avait déjà disparu. Sans doute s’était-il effacé dans l’ombre de la nuit afin de rejoindre la Forêt Noire avant l’aube…

Il l’avait abandonné face à une décision qu’il n’arrivait pas à prendre…abandonné face à des sentiments qu’il avait cru ne plus jamais pouvoir ressentir jusqu’alors…

Cette femme, pouvait-il l’aimer ?

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