Les Chroniques d'Isaia

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 Extrait chapitre 2 - "Crise"

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MessageSujet: Extrait chapitre 2 - "Crise"   Dim 29 Nov - 13:40

- Voyez, Théobald, la colère du Dieu Sombre…voyez ce qu’il inflige aux traîtres, et voyez comment il règne. Ainsi peut-être comprendrez-vous que cette femme doit mourir, et rompre l’unique lien du Dieu Sombre avec Isaia…

Théobald voulut répliquer, mais un gémissement plaintif émana du corps inerte de la sombre prêtresse. Son regard se riva sur elle tandis qu’il souffrait de la voir dans un état si lamentable. Valerius, lui, restait de glace. Il contemplait la jeune femme d’un air inquisiteur et profondément mauvais. Nul doute que son seul désir était de mettre fin à son existence, et de détruire enfin l’Empire…

Deis se redressa, lentement, très lentement. Elle était gelée, et se sentait incroyablement faible. Ses membres tremblaient frénétiquement, si bien qu’elle ne trouva pas la force de se lever. Sa vue était floue, brouillée, et elle avait l’impression d’être sourde, car elle n’entendait absolument plus aucun son. Sa respiration lui semblait faible, haletante, si bien que, lorsqu’elle vit tout ce sang sur ses mains, elle se mit à paniquer.

Sa respiration se fit soudainement plus bruyante, hachée et tremblante tandis que son regard se perdait dans d’étranges visions. Elle avait l’air d’une bête sauvage, blessée, aculée, cherchant des yeux l’ennemi qui lui prendrait la vie, tournant la tête dans tous les sens dans des mouvements brefs et rapides. Elle ne voyait rien, rien d’autre que le néant. Elle n’entendait rien, rien d’autre que…Sa voix…qui lui parlait.
Non, non, il était furieux ! Il hurlait contre elle !

Elle plaqua ses mains sur ses oreilles et se roula en boule, mais elle continuait de l’entendre. Il vomissait des flots de paroles haineuses contre elle, des paroles qui lui glacèrent le sang. Prise d’une panique folle, elle se balançait d’avant en arrière en fermant les yeux, sa respiration s’accélérant, s’affolant, si bien qu’elle avait l’impression de suffoquer.

Cela l’irritait. Il voulait la punir, continuer de la faire souffrir. Elle avait péché, elle devait expier, demander pardon. Une violente douleur lui traversa le crâne, si bien qu’elle se mit à hurler de terreur sous le regard horrifié de Théobald. La douleur qui s’ancrait en elle était de plus en plus intense. Elle écrasait son crâne, lui tordait chacun de ses membres, la brûlait de l’intérieur, lui faisait vomir son sang, et tandis qu’elle rampait dans une agonie insoutenable elle sentait encore le poids de sa faute dans les cris inhumains de son maître.

Elle pleurait, hurlait, se débattait contre une force invisible, demandait pardon, mais la douleur continuait de la broyer, de la déchirer, de la brûler vive… Ses yeux étaient forcés de voir la mort, et de ne vivre qu’à travers elle, si bien que cela suscitait en elle un sentiment violent d’injustice, un désir ardent de vivre, et comme cela rendait son maître plus furieux encore, elle hurlait, et hurlait encore, subissant une colère divine qui la torturait avec une ignominie ineffable.

- J’ai peur…je ne veux pas mourir ! Hurlait-elle en implorant ensuite Neùri de lui pardonner.

Mais la souffrance semblait ne faire qu’augmenter, et Deis se roulait au sol, son corps agité de convulsions et de spasmes, ses ongles s’enfonçant dans sa chair tandis qu’elle cherchait presque à s’emparer de cette douleur qui la rongeait de l’intérieur.

- Neùri, Seigneur et Maître, pardonnez-moi ! Pardonnez mon erreur, pardonnez mes péchés, ayez pitié de votre enfant ! J’ai mérité ma sentence et compris mes erreurs. Je vous en supplie, j’implore votre pardon, j’exaucerai votre volonté, j’obéirai. Plus jamais je ne me dresserai contre vous, j’en fais le serment ! Pitié ! Priait-elle dans sa langue natale.

Théobald ne put en supporter d’avantage. Il se mordait la lèvre inférieure pour ne pas faire preuve de faiblesse et rejetait une haine profonde contre le Dieu Sombre. Cette femme…cette femme souffrait de maux ineffables. Le dieu qu’elle servait…l’être à qui elle s’était dévouée…ce monstre ignoble ! Etait-il donc à l’origine de cette malédiction ?

Elle souffrait comme jamais être n’avait souffert, condamnée à une torture éternelle puisqu’elle ne pouvait pas même mourir sans le consentement de son dieu et maître. Cela le répugnait. Elle n’avait jamais été la manipulatrice indifférente qu’il avait cru qu’elle était. Elle n’était rien de plus qu’une victime parmi tant d’autres de ce monde pourri…

Une victime certes…mais une victime qu’il voulait aider.

Pris d’une compassion violente, Théobald traversa la protection sphérique qui empêchait la jeune femme de s’en prendre à eux dans la crise hystérique et violente qu’elle subissait, et s’approcha vivement d’elle. Valerius tendit la main vers lui pour l’empêcher d’aller plus loin, mais son ami l’ignora, et le vampire ne put qu’observer avec surprise la réaction inattendue du jeune roi déchu.

Alors que la jeune femme hurlait et continuait de se débattre en implorant son dieu, Théobald l’avait maîtrisé et attiré à lui, l’enlaçant d’une manière tendre et protectrice.

- Là…calme-toi…tu n’es plus seule…lui murmura-t-il doucement.

La jeune femme avait cessé de se débattre, les yeux écarquillés de douleur et de surprise, le souffle coupé, comme si elle ne parvenait plus à respirer. Alors Théobald sentit un flot de souffrance et de douleur déferler en lui, gagnant peu à peu chaque partie de son corps, chaque parcelle de son être…

La douleur était intense, et il sentait qu’elle voulait le repousser, le forcer à lâcher la jeune femme. Mais quand bien même il souffrait comme jamais il n’avait souffert, il continuait de la tenir serrée contre lui.

- Théobald, au nom de quelle folie pensez-vous agir ?! Lâchez-la, ou elle aspirera votre vie ! Lâchez-la, par Namenor ! Lui hurla le vampire alors qu’il traversait la protection sphérique à son tour.

- N’approche pas, Valerius ! Si je veux l’aimer je dois être capable de porter son fardeau ! Lui cria-t-il en retour.

Valerius s’immobilisa, indécis. Il voyait son ami tenir cette femme mourante contre lui, cette femme qu’il haïssait du plus profond de son être, cette femme qu’il aurait dû tuer sans l’ombre d’une hésitation ! Il le voyait risquer sa vie pour l’apaiser, lui offrir quelques instants de paix, alors qu’elle n’était que le pantin du Dieu Sombre, un simple instrument de guerre qui ne méritait pas d’exister !

Pourquoi éprouvait-il de la compassion pour cette arme qui n’était pas même humaine ? Pourquoi, alors qu’il savait comme lui que la laisser en vie était bien trop dangereux ? Il resta indécis, jusqu’à qu’il s’aperçoive que les veines de son ami ressortaient anormalement sur sa peau, et que du sang coulait de sa lèvre inférieure tandis qu’il la mordait pour mieux supporter la douleur.

En voyant cela, Valerius tira Théobald en arrière avec une force telle que le jeune roi fut projeté en dehors de la protection, et chuta au sol. Valerius accourut vers lui et l’aida à se relever, examinant brièvement le corps de son ami au cas où il remarquerait une quelconque séquelle. Par chance, il n’avait rien, mais son corps tremblait irrémédiablement, et son regard était posé sur la prêtresse qui était tombée à genoux, le regard perdu, le cœur battant à tout rompre.

Elle semblait profondément choquée, mais elle s’était tue, et seuls ses yeux témoignaient de l’étincelle de vie qui brillait encore en elle. Des larmes de sang s’écoulaient lentement sur ses joues alors qu’elle ne parvenait pas à réaliser ce qu’il venait de se produire…

Elle n’entendait plus son dieu. Elle ne voyait plus ces images atroces. Tout était désespérément noir et silencieux. La douce chaleur qui l’avait enveloppée et arrachée aux griffes de la colère de son maître s’était dissipée, et elle était maintenant seule, perdue dans un néant glacial…

- Il a souillé jusqu’à la pureté même de ses larmes, susurra Théobald avec une profonde animosité envers Neùri.

- Raisonnez-vous mon ami ! Vos sentiments humains vous troublent ! A quoi pensiez-vous, en prenant cette femme dans vos bras ? Vous auriez pu mourir si je n’étais pas intervenu ! Bon sang, Théobald, ouvrez les yeux ! Elle est l’élue du Dieu Sombre, l’œil de Neùri, l’Enfant des Ténèbres ! Cette femme vous tuera ! Elle nous tuera tous ! Lui cria Valerius sur un ton froid et réprobateur.

- Si je dois mourir parce que je l’ai aimé, alors j’en serais heureux. Cette femme n’est pas qu’un simple objet que l’on utilise à sa guise. Ce n’est pas elle, le danger. Elle n’est jamais que la première victime du Dieu Sombre… Qui plus est, qui nous dit que tout ceci soit vrai, qui nous dit qu’une fois que nous lui aurons arraché la vie, le Dieu Sombre retournera au néant ? Valerius, vous pouvez me haïr, vous pouvez me mépriser, cent fois j’accepterai d’être blâmé par vous, mais je ne peux prendre la décision que vous aimeriez que je prenne. Je suis tombé amoureux de cette femme. Je l’aime. Et je la protégerai de son dieu. Du moins j’essaierai, et qu’importe s’il m’en coûte la vie. Je veux lui offrir ce que jamais elle n’a eu la chance d’avoir : de la joie, de la tranquillité, du bien-être… Les tourments qu’elle subit, la douleur constante qu’elle endure…quel homme pourrait la blâmer d’obéir à un monstre tyrannique dans ces conditions ? Valerius, aussi non-humain que vous soyez, vous pouvez comprendre cela, n’est-ce pas ? Cette femme éprouve des sentiments humains. Elle veut être sauvée. Je ne peux décemment pas l’abandonner…

Valerius poussa un profond soupir de résignation. Il soutint longuement le regard de son ami, puis hocha doucement la tête. Bien qu’il rechignât à laisser vivre cette damnée esclave, il ne parvenait pas à briser le serment d’amitié qui le liait à son ami. Toutefois, il était hors de question qu’il l’aide dans la voie qu’il s’était choisi. Si le Dieu Sombre décidait de se débarrasser de son enfant, il ne ferait rien pour l’en empêcher et se réjouirait même de sa mort.

- Très bien, mon ami. Vous avez gagné. Je ne ferai point violence à votre promise…mais je ne vous aiderai certainement pas à la soigner. Je resterai ici pour continuer à vous protéger de ceux des terres libres, mais ne comptez pas sur mon amitié pour prendre soin de votre prêtresse.

- Merci, Valerius… Je te suis infiniment reconnaissant…souffla faiblement Théobald.

Le vampire eut un léger rictus, puis fit volte-face et disparut dans l’obscurité.
Théobald le savait courroucé. Il savait que le vampire n’approuvait pas sa décision, et qu’il aurait aimé en finir avec cette femme. Mais il ne pouvait aller à l’encontre de ses principes. Cette femme était une victime, et n’était pas responsable de ce que son dieu la forçait à accomplir. Elle avait besoin d’aide. Abattre une femme qui voulait être sauvée faisait partie des crimes qu’il n’avait jamais pu se pardonner. Peut-être voyait-il en Deis un moyen de rédemption…

Calmé et soulagé de la douleur qu’il s’était vu infligé, Théobald effaça le cercle magique qui entourait la jeune femme et brisa la protection sphérique. Il s’approcha alors de Deis et s’immobilisa devant elle, lui adressant un regard mélancolique.

- Peux-tu m’entendre ? Lui demanda-t-il.

La jeune femme semblait s’être enfermée dans un autre monde. Pourtant, elle avait entendu sa voix. Dans le néant le plus total, elle avait perçu cette douce intonation, emplie de la même chaleur qui l’avait sauvée. Consciente qu’elle désobéissait une fois de plus à son dieu, mais que cette chaleur salvatrice était la seule arme qui avait pu éloigner son maître, et avec lui la douleur, elle tâcha de chasser les ténèbres qui l’entouraient, et d’aller vers cette voix qui résonnait encore en elle.
Alors la vue lui revint. Sa vision floue redevint peu à peu normale, et elle put voir une main blanche et fine tendue devant elle. La jeune femme, surprise, releva lentement la tête, sentant que ce simple mouvement l’endolorissait encore.

Devant elle se dressait un jeune homme aux traits fins, aux cheveux noirs courts, et aux magnifiques yeux émeraudes, vêtu d’un long manteau noir bordé d’un vert impérial. Il avait un air royal, et bien que son regard semblât perçant et dur, ses lèvres formaient un sourire chaleureux qui semblait lui être destiné.

Presque honteuse de ce geste qui lui demanda un effort considérable, Deis leva une main tremblante et tâchée de sang qu’elle glissa dans celle de l’inconnu. Elle leva un regard inquiet, sachant que ce contact lui procurerait sans doute un flot de douleur qui le ferait reculer, mais il n’en fut rien. Il avait serré sa main dans la sienne et la fixait avec une affection telle qu’elle se sentait déstabilisée.

Elle ne comprenait pas. Elle était perdue. Elle ne savait comment réagir, livrée à elle-même pour la première fois de son existence. Tout ce qu’elle savait, c’était que cette douce chaleur bienfaitrice se propageait maintenant dans sa main…
Cela la troubla. Elle fixait sa main avec une incompréhension totale. Elle ne sut pourquoi, mais une profonde envie de pleurer la saisit soudainement. Mais pourquoi ? Etait-ce de la tristesse ? Elle n’avait jamais ressenti cela auparavant…ce flot d’émotions qui l’assaillait…ces sentiments qui se bousculaient en elle et la soumettaient à un désir d’espérance…

- Je te protégerai…lui dit-il alors.

Ces mots, pourtant si simples, illuminèrent le visage de Deis d’un profond étonnement. Cet homme…pourquoi…pourquoi voulait-il la protéger ? Pourquoi elle ? Avait-il vu ce que Neùri lui avait infligé ? Malgré cela, voulait-il réellement s’exposer à sa colère juste pour…pour quoi, d’ailleurs ? Elle ne comprenait pas. Mais elle ne voulait pas s’interroger d’avantage.

Pendant un instant, tout ce qui lui importait, c’était cette étrange chaleur qui l’avait apaisée. Cet instant de paix provisoire, et ces mots auxquels elle voulait croire…cela seul importait…cela seul avait de la valeur après le châtiment terrible qu’elle avait dû endurer…

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