Les Chroniques d'Isaia

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 Extrait chapitre 11 (bis) - "Le bruit d'un coeur qui se brise"

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MessageSujet: Extrait chapitre 11 (bis) - "Le bruit d'un coeur qui se brise"   Dim 29 Nov - 14:06

Il lui semblait que ses propres pensées devenaient étrangères. Mais, cette fois, c’était différent. Ces pensées n’étaient plus avilies par l’omniprésence d’une entité maléfique. Ces pensées étaient avilies par les ténèbres qui sommeillaient en son cœur, ces ténèbres qui n’étaient autres que sa vraie identité, ses vrais sentiments. Même libre, elle ressemblait encore au fruit éclatant et lisse dont l’intérieur était rongé par les vers et la pourriture. Mais se rendait-elle seulement compte de cela ?

- Pourquoi es-tu revenue ici, chienne ! Vociféra Valerius.

- Valerius, retenez votre colère. Ecoutons ce qu’elle a à nous dire, répliqua froidement Théobald.

Le regard de Deis passait du vampire effrayant au jeune roi du Nazor dont le regard était animé d’un feu rageur au milieu duquel scintillait un fébrile espoir.

Qu’attendait-il d’elle ? Des réponses ? Des excuses ? Elle n’en avait aucunes. Elle ignorait même pourquoi elle voulait chercher à expier ses fautes, alors qu’elle avait joui de les avoir commises. Tout semblait si confus dans son esprit qu’elle ne trouva ni la force d’affronter le regard du roi ni celle de murmurer un seul mot qui viendrait troubler le silence inquisiteur qui s’était installé dans la petite chambre.

- Est-ce qu’il t’a fait du mal… ? Questionna Théobald sur un ton légèrement étranglé qui surprit la sombre dame.

Elle en oublia aussitôt Valerius et fit face à Théobald, osant poser son regard sur lui, et cherchant vainement la raison de ce questionnement. Parlait-il d’Anadyr ?
Naturellement…de qui d’autre ? La simple évocation de son nom lui inspirait une telle répugnance qu’elle se sentit étrangement indignée. Les mots jaillirent de son cœur, écorchant ses lèvres de leur froide et rêche amertume, et elle ne rougit nullement d’entendre enfin ce que son ego pensait vraiment, d’entendre enfin ce qu’elle était réellement.

- Du mal ? Il m’en a fait… Mais il a payé…il a payé pour ce qu’il a osé nous faire…

- L’Empereur est…s’étonna Valerius.

- Mort ? Non ! Il se terre dans sa forteresse comme un rat dans sa cage, il a fui la queue entre les jambes face aux Dwyre, et nous avons savouré sa lâcheté et sa peur, et nous savourerons son agonie et sa mort ! Coupa-t-elle en crachant ses mots comme s’il eut s’agit d’un venin mortel.

- Les Dwyre ?! Tu n’as quand même pas…

- Réveillé les Trois qui sommeillaient dans les profondeurs de la terre ! Les enfants de Neùri, les prophètes du Néant ! Sa vengeance sera accomplie, et la mienne le sera aussi !

- Sois maudite, espèce de… !

Valerius s’était précipité sur elle, levant la main, prêt à laisser exploser toute la haine qui le rongeait. Ses yeux n’étaient autres que ceux d’une bête et tout son être hurlait face au désir de se repaître du sang de cette aliénée. Mais une fois encore, Théobald s’interposa. Il le fit d’une manière si brusque que la colère du vampire fut aussi rapidement annihilée que la peur avait gagné celle de la jeune femme. Valerius avait reculé sous l’effet de la surprise, et Deis était tombée à genoux, incapable de se dégager de l’étreinte du roi qui la maintenait fermement par le poignet et lui adressait le plus terrible des regards.

- Tu as ressuscité un fléau que notre race et des dizaines d’autres ont tenté de combattre durant des siècles de guerres et de batailles. Je n’ai jamais voulu croire qu’une femme telle que toi puisse être l’instrument d’une vengeance inassouvie durant le tout Premier Âge, qu’une femme capable de faire preuve d’humanité ait pu se laisser aveugler par une entité maléfique au point de laisser tout un monde être ravagé par le plus ignoble des destins. J’ai eu l’espoir idiot que, lorsque le temps viendrait, tu combattrais ton dieu comme nous avons tenté de le combattre, et que tu comprendrais enfin ce que Namenor a accompli, ce qui fait que nous sommes encore en vie et que nous n’ayons pas abandonné l’espoir d’une vie radieuse, sans déités haineuses dont l’influence a pourri ce monde au point de le rendre plus invivable que l’enfer… J’aurai souffert milles maux pour te voir sourire en comprenant le sens du mot vie, et au lieu de cela tu te réjouis de n’avoir pas même compris le sens du mot mort. Je n’ose même pas comprendre ce qui va arriver à tous les habitants de Kristalia par ta faute, et je n’arrive pas même à comprendre pourquoi je n’éprouve pas le désir de te faire souffrir autant que tu me fais souffrir à cet instant… Deis…tu ne vaux guère mieux qu’une putain. En plus de Lui laisser ton corps, tu L’as laissé abuser de ton âme, et heureuse d’être Sa victime préférée tu as continué de Le servir en pensant qu’Il t’en serait reconnaissant. Quelle naïveté…tu me dégoûtes…

Les paroles de Théobald résonnèrent en elle comme la prononciation de sa sentence. Ainsi était-elle condamnée à n’être rien, juste un objet de haine. Elle avait commis l’irréparable, et elle ignorait si elle se sentait sincèrement désolée, ou si le destin de ce monde l’indifférait. Derrière elle, Valerius semblait s’être calmé, et toute son attention était portée sur son ami. Pour la première fois depuis plusieurs années d’amitié, il ne parvenait à lire dans son cœur. Mais il voyait en son regard une souffrance telle que la seule manière qu’il avait de l’exprimer était de montrer à celle qu’il aimait ô combien elle était devenue haïssable à ses yeux.

- Mes…mes actes étaient prédéterminés ! Je…tout ce que j’ai fais…tout…je n’ai…j’ai juste obéi à Sa volonté ! Je n’ai fais que suivre inconsciemment les ordres du Dieu Sombre ! Rétorqua-t-elle avec peu d’assurance.

- CA SUFFIT !

Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent. Le cri de rage de Théobald avait été si intense qu’il résonnait encore dans son esprit comme s’il eut s’agi de la voix de son dieu. Elle tremblait. Pourtant elle ne ressentait aucune peur. Juste un pincement au cœur. Juste une nausée soudaine. Une envie étrange de verser des larmes tandis qu’elle mesurait toute l’ampleur de la haine que cet homme lui portait désormais.
Etait-elle…triste ?

- Quand vas-tu cesser de te mentir à toi-même ?! Hurla-t-il de plus belle.

- Je…je ne sais même plus qui je suis !! Cria-t-elle en retour.

Le désespoir éclata soudainement en elle, et des larmes perlèrent ses yeux. Elle abaissa la tête, se recroquevillant sur elle-même, n’opposant même plus de résistance à cette main qui la tenait fermement. Tout semblait si contradictoire à présent. Elle en avait assez. Cette scène était si absurde… Pourquoi cherchait-elle à comprendre, ou même à s’expliquer ? Ce qui était fait ne pouvait être défait, et pour fuir cette implosion de sentiments qui la rendait folle, il n’y avait que la mort.

- Suis-je…un monstre ? Questionna-t-elle faiblement.

- Oui, répondit Théobald sur un ton glacial.

Le silence s’installa de nouveau. Deis restait immobile, son regard perdu dans un autre monde, et Théobald la fixait silencieusement, prenant conscience de la gravité de la situation désormais. Valerius, quant à lui, n’avait jamais vu Théobald agir d’une telle façon. Il restait de marbre, incapable de prendre une quelconque décision, jusqu’à ce que Théobald se décide enfin à accepter la réalité.

- Condamner le monde juste pour se venger d’un seul homme…tu n’es pas différente du Dieu Sombre…dit-il amèrement.

- Tu ne comprends pas ?! Il m’a violée Théobald ! Il savait ce que cette légende signifiait pour moi et il m’a violée pour briser ma lignée ! Et maintenant je…répliqua-t-elle aussitôt.

- Même après cela tu continues de ne t’inquiéter que pour ton maître…ce n’est pas le fait que l’Empereur ait abusé de toi qui te révulses, c’est le fait qu’il t’ait empêché de mettre au monde un autre comme toi ! Tu ne saisis même pas ce que j’essaye de te dire, tu es aliénée par ton égoïsme et ton esprit fermé, tu es incapable de voir la souffrance que tu sèmes et l’ampleur de tes fautes. Qu’étais-tu venue chercher ici ? Mon pardon ? Pensais-tu qu’il te suffisait de ramper à mes pieds pour te faire pardonner la destruction prochaine de notre monde ? Et pour quoi ? Juste parce que…parce que ce maraud a…non…parce que l’Empereur a été à l’encontre de ton dieu, et pas même pour l’humiliation que tu as pu subir. Tu n’as rien d’humain, Deis, absolument rien…

Sans qu’elle ne sache pourquoi, ces mots avaient un réel impact sur elle. Etait-ce ce qu’elle était réellement venue chercher ? La souffrance, et l’énumération de ses fautes ? La force dans la douleur, celle-là même qui lui permettrait de se donner la mort ? Sans doute était-ce cela, oui, car si son esprit refusait d’admettre que Théobald avait raison, son cœur, lui, la faisait tant souffrir qu’elle en souhaitait presque mourir de suite. Elle pourrait alors se débarrasser de cette souillure qui grandissait dans son ventre, et quitter à jamais ce monde en espérant ne jamais renaître, et ne plus jamais avoir à exister, ni même comprendre ce qu’était que vivre. Tout n’était que souffrance ici-bas. Chaque être naissait dans la douleur, grandissait dans la peur, engendrait la souffrance et mourrait dans l’indifférence. Qu’avait-elle à regretter si elle avait contribué à la destruction totale d’un tel tissu d’absurdités ? Qu’avait-elle à se reprocher si tous ceux qui souffraient pouvaient enfin s’éteindre et reposer dans le néant le plus parfait ? Elle était aussi inutile qu’eux. Elle souffrait autant qu’eux. Et s’ils mourraient, alors c’était aussi son droit…

- Tuez-moi…susurra-t-elle.

Aucune réponse. Elle releva lentement son visage baigné de larmes pures, sa main tremblant sous la pression de celle du jeune roi, et elle répéta plus distinctement :

- Tuez-moi, Théobald. Si vous m’aimez comme vous me l’avez confessé, alors que vos mains punissent cette chair que vous avez convoitée et qui vous a déçue. Vous me haïssez ? Vous ne pourrez me haïr autant que je me hais moi-même. Votre ami est sage, il a déjà voulu ma mort, et bon nombre d’autres comme lui. Aujourd’hui je suis sans défense, à genoux devant vous. J’ai commis l’irréparable. Je vous ai trahi. J’ai trahi vos sentiments, bien que je n’aie pu les comprendre. Pour une raison que je ne parviendrai jamais à saisir vous me blâmez, et vous me torturez. Alors que ces mains un jour tendres et désormais fermes, que ces mains m’arrachent le cœur, et que vos yeux puissent voir jusqu’à quel point il a pourri depuis qu’il bat en ce sein… Accomplissez votre justice. Je ne peux me défendre. Alors frappez. Je ne crierai pas. Je ne me défendrai pas. Frappez, autant de fois qu’il le faudra, et éteignez cette existence minable, écrasez-la, renvoyez-la au néant dont elle provient !

La main de Deis glissa soudainement et retomba le long de son corps. Théobald l’avait lâchée, et la toisait à présent de haut. Elle était toujours agenouillée sur le sol, si inférieure et misérable devant lui, mais il n’en tirait aucune satisfaction. Tout en lui n’était plus que froideur et amertume. Il était tellement frustré par l’attitude de Deis, tellement frustré par sa trahison, et la faiblesse coupable dont elle avait fait preuve ! Mais il était partagé entre son amour pour elle et toute la haine qu’il lui témoignait face à ses actes. Il ne voulait pas céder à ce qu’il combattait. Sa justice n’était pas celle qu’elle prétendait. Cette femme était aveugle. Elle refusait de comprendre. Devait-il pour autant la laisser agir comme elle l’entendait ?

- Je ne serai pas l’instrument de votre folie, Deis…

La jeune femme n’eut pas le temps de protester, car déjà le roi lui avait tourné le dos et s’éloignait d’elle. Elle voulut l’empoigner, mais sa main se referma sur le vide, et elle ne put qu’assister impuissante à sa propre condamnation.

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