Les Chroniques d'Isaia

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 Extrait chapitre 13 - "Espoir"

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MessageSujet: Extrait chapitre 13 - "Espoir"   Dim 29 Nov - 14:13

Puisque tel était le désir des hommes, alors les Eldariens devaient répondre à l’appel ! Lui, pourtant si diplomate et réfléchi, avait porté la main à son arc, et d’une main vengeresse décocha plusieurs flèches en direction des points lumineux. Quiconque défiait le seigneur des Eldariens devait s’attendre à un combat sans merci. La faute était désormais trop profonde pour chercher réparation. Cette fois, il n’y aurait pas de négociations !

Le paysage défilait à une vitesse folle en-dessous de lui, mais son regard perçant restait fixé à l’horizon. Il ne réfléchissait plus à ses gestes, décochant flèches sur flèches jusqu’à entendre des cris de douleur. Une haine intense venait de le submerger. Devant lui, Eldair’Kan brûlait. Les arbres jadis si touffus et toujours fleuris n’étaient plus que des troncs noirs fumants. La Cité Blanche si majestueuse et si pure tombait en ruines sous les coups de béliers. Ses murs blancs se teintaient de rouge, et des milliers d’hommes se perçaient le corps à coups de lames dans une violence telle que des larmes de fureur s’échappèrent des yeux du roi Eldarien.
Ses mains tremblaient, et tout son corps était animé d’une colère et d’une douleur qui l’aveuglèrent tandis qu’il contemplait, impuissant, la chute de son propre peuple. Les humains semblaient s’acharner contre les murs de la Cité, pressés de voir s’écrouler l’Espoir qu’ils avaient chéris ensemble, pressés de voir le dernier bastion contre l’Empire s’écrouler et entendre dans les cieux sonner le glas de leur ultime damnation. Et tandis qu’ils s’affairaient à massacrer leurs alliés, là, quelque part dans les terres chaotiques, le fléau d’Isaia, l’Apocalypse marchait à grands pas, impitoyable. Bientôt, elle serait ici… Cette guerre cessera, et ce monde disparaîtra dans l’oubli et le néant…

Quelle importance dès lors ? Puisque tous allaient mourir, ne valait-il pas mieux choisir sa fin ? Mourir dans l’honneur, pour le peuple eldarien, telle était la voie qu’il s’était choisie.

Et c’est ainsi que le seigneur Eldarien ordonna à Blundel de le déposer sur les remparts tremblants de la Cité Blanche alors qu’il entendait siffler près de lui les flèches ennemies. Son regard demeurait fixé sur le drapeau déchiré d’Eldair’Kan, faisant de son cœur une lame ardente prête à s’abattre sur quiconque voudra souiller plus encore la forêt.

Au pied d’Eldair’Kan, l’armée d’Alkana en armures flamboyantes continuait sa funeste boucherie. Les Eldariens, pris par surprise, n’avaient pas eu le temps de fuir. Femmes, enfants et jeunes guerriers avaient été tués, et leurs corps foulés du pied jonchaient le sol rougi où les humains se battaient.

Il n’y avait là que des épéistes, et quelques archers, mais ils étaient plusieurs milliers et s’étendaient loin dans la forêt, encerclant de toute part la Cité Blanche eldarienne qui menaçait de s’écrouler à chaque instant sous les coups répétés des béliers contre la dure pierre blanche et les portes de bois croulantes. Les Eldariens avaient tentés de consolider les portes avec des poutres et des rochers, mais ce piètre rempart ne tiendrait sans doute pas longtemps. Des milliers de torches brûlaient, et le feu qui consumait les arbres se répandait tout autour d’eux avec le vent.

La situation était critique, et il savait que, dès lors qu’il aurait posé un pied sur les remparts d’Eldair’Kan, il n’en ressortirait plus. Pourtant, sa place était ici, près de son peuple. Il avait été choisi pour régner, que ce soit dans la paix ou dans la guerre, et si sa lignée devait s’éteindre, alors mieux valait que ce soit avec son peuple que seul, fuyant comme un lâche !

Aldaron rangea son arc et mena Blundel vers les remparts. Quand il fut assez proche, il s’empressa de descendre du dos de sa monture en lui demandant de s’éloigner. Le sang d’un être divin ne devait pas être versé, ce serait un sacrilège bien plus grave encore que de verser le sang d’un elfe. Blundel hennit et obéit, accompagné par les fées tout d’abord réticentes à l’idée d’abandonner leur seigneur, mais, conscientes du peu d’aide qu’elles pouvaient apporter, elles acceptèrent de retourner dans l’Aunwe où, depuis des années, l’écorce d’Yggdrasil pourrissait et ses fruits s’emplissaient d’un noir poison qui coulait dans la forêt sacrée de Vaël comme un flot de néant venu s’emparer d’une vie qui se devait d’être rendue au Créateur.

Sur les remparts, plusieurs archers Eldariens s’écrièrent face à la venue de leur maître, mais n’arrêtèrent pas pour autant de protéger de toutes leurs forces la Cité Blanche en tâchant d’abattre les porteurs des béliers qui s’acharnaient contre leurs portes. Un général Eldarien se précipita vers Aldaron dès qu’il le vit, et vint s’agenouiller devant lui, essayant vainement de cacher la peur ancrée sur son visage tandis qu’il lui annonçait une situation des plus évidentes. Aldaron ne l’écouta même pas. Sa main entoura le manche de son épée, et une note métallique envahit l’air tandis qu’il dégaina vivement son épée elfique, celle-là même que son père lui avait cédé à sa mort, et arborait fièrement le blason d’Eldair’Kan et de sa lignée si haute et si illustre.

Le général Eldarien se tut aussitôt devant une telle autorité et une telle témérité. Il se releva lentement et dévisagea Aldaron avec une profonde marque de respect et d’admiration, puis abaissa la tête et se blâma de la lâcheté dont il faisait alors preuve. La peur les avait tous aveuglés. Ils en avaient oublié l’honneur et le devoir si chers au peuple de l’Eirun. Leur roi était venu se battre à leurs côtés. Il aurait pu fuir et sauver sa vie, mais il avait choisi lui-même de pénétrer dans l’abîme infernal qui ravageait ses terres. Il avait la droiture d’un seigneur et le courage de Vaël, et sa seule présence suffisait à chasser le doute dans le cœur de ses sujets. Nulle peur ne se lisait dans son regard : seul un désir de justice et une fureur égale à celle de leur Dieu.

- Seigneur Aldaron…que devons-nous faire… ? Demanda le général Eldarien visiblement dépassé par la situation.

Aldaron jeta un regard du haut des remparts. Le sol tremblait sous leurs pieds, l’air s’enflammait et apportait une odeur de chair brûlée, les cris des soldats humains résonnaient et leur parvenaient comme ceux de bêtes assoiffées de sang, mais pires encore étaient les sanglots de la forêt, les cris d’agonie des arbres qui brûlaient, les murmures de souffrance et les appels désespérés que la nature lui faisait. La forêt était en train de mourir, et son peuple avec…

- Nous battre, répondit Aldaron sur un ton grave.

- Mais comment ?! Le Magna de la forêt a été entièrement aspiré par les flammes, notre magie ne marche plus, nous sommes encerclés et inférieurs en nombre, nous…

- Je n’ai pas dit que nous en ressortirons vainqueurs. Le peuple eldarien est fier. Les humains sont entêtés. Leur souverain est devenu fou, et il ne retirera jamais ses troupes qu’importe ce que nous lui offrirons. Et quand bien même il accepterait, veux-tu voir notre peuple réduit à la servitude ? Veux-tu voir nos femmes esclaves des hommes, veux-tu voir nos enfants travailler jusqu’à la mort, et nos frères torturés et humiliés ? Souhaites-tu qu’on dise que le peuple eldarien est lâche, et qu’au fil des âges les elfes ne naissent plus que pour servir les hommes ? Veux-tu que nos dieux et nos croyances s’effacent face aux leurs, et que notre forêt soit rasée pour bâtir des villes et des palais ? Souhaites-tu voir l’homme arracher l’Arbre de la Vie, et souiller la divine Aunwe de sa vile présence ? Ainsi va notre existence, mon frère. Au-delà des forêts marchent de biens plus grands fléaux, et quand bien même nous triompherons miraculeusement des humains, notre mort sera toutefois certaine. Que pouvons-nous faire, si ce n’est nous battre ? Puisque nous devons mourir, faisons-le dignement. Si nous devons rejoindre le royaume des morts, que ce soit ici en défendant ce qui nous est cher, en nous battant contre l’injustice. Qu’importe le nombre d’hommes que nous devrons tuer cette fois. L’Espoir ne nous guidera plus désormais, seule notre fierté et notre devoir envers la forêt doivent guider notre bras. Vois, mon frère, ces moitiés d’hommes qui grouillent sous nos murs tels des vautours désireux de chair fumante. Vois, mon frère, la folie de nos âges, l’absurdité de nos passions, et les ténèbres qui dominent ces créatures. Nous avons échoué dans notre sainte mission. La malédiction du Dieu Sombre s’est répandue jusqu’en terres libres, et lorsqu’Eldair’Kan tombera à son tour, ce sera la fin de l’Alliance. Un autre Âge Noir s’imposera. Je ne veux pas de ce nouveau chaos, le veux-tu ? Personne n’en veut. Personne ne veut vivre ce que nos ancêtres ont vécu. Notre mort sera une libération. Nous nous éteindrons avec le dernier Espoir des terres libres, comme héros et martyrs d’un idéal que nous avons chéri et perdu. Quel intérêt de vivre dans un monde de ténèbres ? En vois-tu un seul ? Non, n’est-ce pas ? Tu vois…au fond de toi, tu sais quel est notre destin. Je suis venu sauver l’âme de mon peuple. Maintenant descendons. Réunis tout le monde devant la porte sud. Nous attendrons que les portes cèdent et nous ferons face. Dis-leur à tous ce que je t’ai dis. Le peuple eldarien est un peuple d’honneur. Ils comprendront. Ils savent tous que mon choix est celui qu’aurait fait mon père…celui qu’aurait fait Vaël à ma place… Pour Eldair’Kan… Pour Redenhorn !

Le général, subjugué, hocha la tête en signe de compréhension et répandit du mieux qu’il put la parole de son maître. Oui, c’était là le meilleur choix qu’il pouvait faire. En tant que fin stratège, il connaissait déjà l’issue d’un tel combat. Il savait, dès lors qu’il avait quitté ses compagnons, quel terrible destin l’attendait. Il l’avait pressenti. La forêt l’avait appelé à l’aide jusque dans ses rêves. Il avait préparé son cœur à recevoir ce coup fatal. Toutes ces années de combat, toutes ces années de dures batailles pour espérer vaincre un jour l’Empire…

Non, il ne regrettait rien. Il accomplissait son devoir jusqu’au bout. Zane et les autres savaient, eux aussi, qu’ils ne pouvaient lutter désormais. Sina serait sans doute déçue, et il avait l’amère impression d’une trahison envers elle. Il ne voulait pas penser à elle maintenant, il savait que cela le troublerait, et qu’il s’éloignerait de son devoir. Or, il devait sacrifier son bonheur pour le bien de son peuple. En d’autres temps, peut-être auraient-ils été heureux… N’était-ce pas ce que tous se disaient ? Quel intérêt à présent de s’accrocher à un espoir qui ne fleurira plus jamais ?

Le cœur battant, le regard rivé sur la lame qu’il tenait entre ses mains, le seigneur Eldarien descendit des remparts, sourd aux cris bestiaux et aux bruits sourds des béliers, marchant avec la grâce et la prestance de son rang, tandis que tout autour de lui les Eldariens quittaient leur poste pour venir marcher à ses côtés et rejoindre la porte sud. C’était comme avancer sur une falaise en sachant pertinemment que leurs pas les précipiteraient dans un gouffre profond. Et pourtant nul ne fuyait. Nul n’aurait fait cet affront au courage de leur roi.

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